mercredi 1 avril 2009

Une forêt huitrière... aux feuilles caduques

Un poisson, non ? Même pas en dessin… je vous rappelle que si la pêche en poissons d’avril a été fructueuse sur les autres blogs je vous conseille de prendre leurs empreintes et d’en faire des gyotaku ou des ichtyogrammes.
Aujourd’hui une forêt d’huîtres. Je ne vous parle pas bien sûr de ces champignons stereum ostrea (qui peuvent nous piéger par leur nom), parasites des arbres… même si en y regardant de plus près nous pourrions les prendre pour des huitres.


*source stereum ostrea

Non, je ne vous emmène pas en Australie mais au Japon et je vous parle bien de ces huitres, mollusques marins… une vraie forêt d’huîtres.

*source planche de mollusques

Enfin pas tout à fait, il y a bien d’un côté la guirlande d’huitres mise dans l’eau et de l’autre leur forêt. Shigeatsu Hatakeyama, ostréiculteur japonais, de la région de Myagi, est persuadé que les huitres sont le produit des arbres, de la forêt et de la mer. Alors là-haut, sur le mont Murone, lieu de naissance de toutes les sources, les pêcheurs ont planté des hêtres pourpres (Fagus silvatica) et des chênes mizunara (Quercus crispula) pour constituer la forêt huitrière (Kaki no Mori).

*source hêtres pourpres
et chênes mizunara

Par le recyclage des feuilles de ces 50 essences de feuillus caducs, en humus, charrié après par les rivières souterraines de la région, l’enrichissement des eaux arrivent jusqu’à la baie. Là-bas, « la forêt est amoureuse de la mer » et pour le prouver des drapeaux de pêcheurs flottent au vent.
Vous ne me croyez pas, allez donc lire la fabuleuse intuition sur l’écosystème de ce japonais ici ou regarder cette vidéo là, pour suivre cette leçon d'aquaculture écologique.

mardi 31 mars 2009

Commentaires d'après amour

Un minuscule livre et pourtant repris trois fois pour le finir. C’est dur d’aller lire les lignes d’une pertinence, d’une intelligence et véracité folle, celle d’une rupture amoureuse, celle d’un retour à soi aussi… d’un retour à soi, pour soi et pour recouvrer la santé.


« Laissez-moi, Commentaire » de Marcelle SAUVAGEOT offre le monologue d’une trentenaire, grande malade, qui découvre sa rupture amoureuse par lettre interposée. Melle SAUVAGEOT parle d’elle, de sa manière d’aimer et des termes même de sa rupture.



*source de la pochette de l’édition Phébus, « Maillot de bain, Izod » de George HOYNINGEN- HUENE… pour ces deux vues dans la même direction mais comme si différentes et jamais en harmonie.

Les « commentaires » reprennent les sentiments derrière l’amour. La fierté d’être avec l’autre, sans faire-valoir mais bien en complémentarité. Etre un couple, une création de relation, entre dialogue et confidences. Cette envie de garder tous les détails d’un moment passer sans l’autre pour les lui amener les sensations presque brutes ! Mais qui peut aussi passer par une incompétence à dire dans l’immédiateté l’émotion ressentie. Marcelle SAUVAGEOT juge son ami parti, comme elle l’a jugé dans leur relation. Oui elle a saisi, amoureuse, ses faiblesses, ses marques très déplaisantes comme on décortique un fruit convoité, pas par manque d’amour mais bien pour le connaître et devenir un défenseur acharné car compréhensif (mais pas loyal). Elle voulait tout découvrir, lui voulait se cacher… elle voulait même qu’il dévoile lui-même ses « petites laideurs ».

Mais c’est surtout un livre sur la rupture, la séparation de corps mais surtout d’esprit. La rupture est décortiquée : de cette absence qui permet d’objectiver un amour à notre propension à le détruire volontairement, voire même rationnellement, à ces excuses, prétextes, propos de commisération ou d’apaisement après la souffrance. Le monologue, avec aucune envie d’être lu par l’intéressé mais bien avec envie de se retrouver, décrypte les termes. Etre fait pour quelqu’un n’est plus comme une fatalité mais bien une action volontaire. La rupture ne nécessite pas retrouver les manques de l’autre mais pourrait se contenter de décrire ce qui ne convient plus, ce serait bien assez. Tout le livre marque bien cette souffrance d’avoir été quittée, elle ne voulait pas se battre pour ne pas être laissée mais ne pas rester par contrainte se voulait aussi, tout de même, rester tout de même. Et l’après rupture ? De l’amitié, de l’absence, de l’indifférence. Il s’agit d’une infidélité, pas celle de corps mais bien celle du sentiment… ne plus aimer n’est pas obligatoirement trahir, rendre l’autre plus faible. L’auteur ne veut pas de faux semblants, de mots d’apaisement, de consolations fabriquées ou de rapprochements après-coup. Sa notion de la rupture est comme la sienne du bonheur, claire et pertinente. Le bonheur peut être comme un parfum, il faut en distinguer les nuances, ne pas trop le saisir pour ne pas être écœuré, ne pas être grisé et ressentir l’incomplétude. Garder en chaque instant « un petit coin de conscience » pour voir le déroulement de la joie.

C’est un livre fort sur l’amour et l’amitié, sur notre capacité à être avec l’autre. « Notre amitié sera une très jolie chose à l’avenir ; nous nous enverrons des cartes postales pendant nos voyages et des bonbons au chocolat au Nouvel An. Nous nous ferons des visites ; nous nous dirons nos projets au moment où ils se réaliseront, afin de vexer un peu l’autre et de ne pas subir sa commisération en cas d’échec ; nous prétendrons être ce que nous croyons être et non pas ce que nous sommes ; nous nous dirons beaucoup de « merci », « excusez-moi », des mots aimables que l’on dit sans penser. Nous serons des amis. Croyez-vous que ce soit nécessaire ? ». Cela sonne vrai et que dire de mes amitiés après? Suis-je aussi persuadée de ce que j'en pensais là.
Entre les lignes, aussi, ce dévoile un certain féminisme, ne pas être un objet dans le couple, ne pas être aimée par tout ce qui fait l’intelligence, l’originalité, la force d’une femme et rejetée parce que trop indépendante. Les quelques phrases contre les midinettes mariées aux conversations tournées vers leurs maris me rappellent étrangement les nouvelles de Dorothy PARKER, avec cette haine des femmes, des hommes, de ces relations amoureuses, consensuelles, tout en espérant y ressembler un peu tout de même.
Entre les lignes aussi, cette démarcation entre le monde des en pleine santé et des grands malades. Le dégonflement des moments précieux sans idée d’avenir… ce manque d’investissement de certains bien portants à envisager l’avenir par extrapolation. Marcelle SAUVAGEOT se raccrochait à cet amour aussi pour se raccrocher à l’autre monde, puis découvre au fil de ses écrits qu’elle se perdait aussi dans cette illusion de sentiments et que revenir à elle lui permettrait d’être elle et pas seule.

Une lecture à conserver près de soi quand il nous prend de ne plus savoir ce qu’est le sentiment… pas pour juger l’autre mais pour ce rendre compte de l’éphémère et du beau. Merci Lily pour ce livre voyageur… et de m’avoir mis l’eau à la bouche de cet amour déçu en pleine Saint Valentin là.

vendredi 27 mars 2009

Précautions supplémentaires pour les huiles essentielles

Lors de notre dernière promenade dans la presqu’île Bauloise, nous étions revenus chargés, entre autre, des huiles essentielles (He) de ma maman. Je les utilise en aromathérapie… et en cuisine. Maintenant, en voulant les noter dans mon tiroir d’huiles essentielles sur ce media, j’ai remarqué que mes précautions ne sont pas encore suffisantes. Il ne suffit pas de connaître le nom de l’espèce botanique exacte et d’y lire la marque Bio pour pouvoir les utiliser.


La mention HEBBD (Huile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement Définie) m’était apparue à la première lecture juste une étiquette de plus et pourtant il est nécessaire de connaître les éléments que seule cette mention propose:
1/ Le nom exacte, en latin, de l’espèce botanique, il existe par exemple plusieurs He de Lavande et encore plus d’Eucalyptus. Il nous faut le genre (par exemple lavandula), l’épithète qualificative (exemple vera, spica…) et parfois la variété (exemple var.fragans). L’He d’Eucalyptus est multiple : “Acheter une huile essentielle d’Eucalyptus sans autre précision est donc aussi aléatoire et dangereux que de préparer une omelette aux champignons sans les connaître” (extrait de “Connaître l’essentiel sur les huiles essentielles” du Dr Ph. GOEB).
2/ L’organe producteur (o.p.) dont dépend le prix, le parfum et les propriétés thérapeutiques. Les différents organes producteurs sont les feuilles, les rameaux, les parties aériennes fleuries, les écorces, les racines, les bois, les semences ou les fleurs.
3/ La spécificité biochimique. Par exemple l’He de Romarin officinal (rosmarinus officinalis) selon qu’il est plus oxyde, camphré ou encore acétate de bornyle et verbénone ne lui confère pas les mêmes propriétés (action pour le foie du romarin officinal, verbénone et acétate de bornyle, et toxique pour le foie version camphrée). “Ces composants sont classés par familles biochimiques: alcools (linalol, 4-terpinéol, géraniol, a-terpinéol, menthol, bornéol, thuyanol), aldéhydes (citronellal, géranial, néral), cétones (thuyones, camphre, pinocamphone, pulégone, molécules potentiellement toxiques selon usage), esters (acétate de linalyle, acétate de bornyle), hydrocarbures monoterpéniques (a-pinène, limonène, p-cymène), hydrocarbures sesquiterpèniques (b-caryophyllène, a-humulène, curcumène, cédrène), oxydes (1.8 cinéaole eucalyptol), phénols (eugénol, thymol, carvacrol).” (extrait du “guide pratique d’utilisation, huiles essentielles et huiles végétales” de Phytosun aroms)

J’avais parlé du besoin d’un ange à la manière de Marie LAFORET (pas de dissolution des He dans l’eau) mais était passée trop rapidement sur les modes d’application:
1/ la voie orale: ne jamais donner d’He contenant des phénols aux enfants de moins de 6 ans. Pour les enfants et les adultes, il est déconseillé de prendre les He contenant du carvacrol, thymol, aldéhyde cinnamique seules (1 gtte d’He pour 3 gttes d’essence de citron jaune et ne pas prendre plus de 2 gttes de ce mélange).
2/ la voie cutanée, soit massage, friction ou compresse: Les He riches en monoterpènes et phénols sont irritantes pour la peau.
3/ la voie atmosphérique: ne pas chauffer l’He.

Ainsi qu’une mise en garde pour les enfants. La précaution de ne pas utiliser d’He pour les enfants de moins de 3 ans serait pour certains à augmenter jusqu’à l’âge de 6/7 ou 8 ans car le système endocrinien ne serait pas mature jusqu’à cet âge donc très réceptif… voir ici pour un débat qui finit en combat de boue (ou d’argile).

Les détails de mon tiroir d’huiles essentielles vont donc être complètés, voire même changés considérablement… je me mets à ces modifications dès que notre lutin, à la varicelle, est un peu plus chaos et pas dans la même pièce.

jeudi 26 mars 2009

Livres pour apprendre seul, Balthazar et Montessori

Je suis intéressée par la pédagogie Montessori. Mes billets à ce sujet viendront, peut-être quand j’aurais réussi à relier mes différentes lectures, sur la théorie avec les livres de ce docteur Maria MONTESSORI, et sur la pratique avec les activités proposées à l’école ou à la maison. Je n'avais pu que vous proposer deux extraits, sur la construction de l'adulte par l'enfant et la timidité.



Observatrice d’une déviance de notre loupiot, un déficit de la concentration, et consciente d’un de mes manquements selon MONTESSORI, adulte à l’esprit trop fictif et pas assez organisé (j’en reparlerais), je tente d’offrir à notre petit d’homme des ressources papier ou réelles qui lui permettent d’apprendre, de comprendre et de découvrir seul. Des premières approches de la vie pratique et de la vie sensorielle dont je vous ferais part mais aussi des livres, support adoré par la maman et réclamé avec force énergie tous les soirs. Sachant que la période « sensible », absorbante, période de découvertes et d’apprentissages est à son paroxysme vers 2/3 ans, j’inclue dès maintenant des lectures plus ciblées. Je ne veux pas dire par là que je souhaite l’acquisition (encore moins en avance) mais que j’ai envie de proposer des lectures structurantes d’un apprentissage et de me laisser guider par sa demande.
Je voulais faire un billet précis sur les techniques et le matériel MONTESSORI (hors de prix). Avant, et en suivant un schéma plus normal, j’ai acheté la collection « Aide-moi à faire seul » des éditions HATIER. Elle reprend, avec un minimum de matériel (si ce n’est le livre), des activités de lecture et de mathématique.

Alors commençons par ça, par ces livres que je voulais et dont je vous parlais là. Voici les titres que nous avons, tous écrits (à vérifier) par Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER…


Ceux-ci sont déjà à l’ordre du jour…
« Balthazar et les odeurs ». Le parcours du héros à travers des odeurs quotidiennes. Des cartes odorantes sont proposées pour suivre l’histoire et, par paire, servent de carte de d’apprentissage olfactif : après il pourra seul retrouver l’autre carte odorante menthe par exemple.
« Balthazar et le temps qui passe ». Les saisons, le temps d’une année, demain, hier, dans deux heures, les générations sont présentés. Le sablier, l’horloge, la poutre du temps (représentation visuelle d’une année éclatée par saisons, mois, semaines et jours avec la possibilité de mettre un élément pour se rappeler le temps : une visite dans 2 jours par exemple) mais aussi l’arbre généalogique et l’explication solaire du jour et de la nuit. L’histoire permet une attention continue et la poutre du temps proposée à la fin va faire des merveilles.
« Balthazar et l’espace ». La géographie autour du héros prend corps, à travers l’histoire, nous avons une coupe transversale d’une maison, proposant ainsi une vision des pièces les unes par rapport aux autres, une orientation visuelle dans un quartier en passant par tel marchant, tel coin de rue, une planisphère aux terres rugueuses, être un explorateur ou un dauphin, la faune selon le milieu et à la fin un plan de ville… de plus en plus abstrait. L’intérêt de notre loupiot de 2 ans ½ est encor dans l’histoire, la concentration reste et les mises en application, interactions, arrivent d’elles-mêmes.
« Les chiffres de Balthazar ». Les chiffres sont dessinés en surface rugueuse, avec le sens du mouvement que je décris pour les lettres à toucher. Il va jusqu’à 10 et intéresse énormément notre loupiot… ce livre est extrêmement gestuel : le chiffre est dessiné mais remis dans le contexte d’une main : « Voici ma main, elle a cinq doigts, en voilà trois » effectué par l’accompagnant et l’énonciation du chiffres et de l’illustration (3 = rois) qui permet d’avoir la bonne phonétique amuse et interpelle… au point de devoir aller plus que de 3 en 3 pages.



Ceux-là ont été ouverts mais la concentration n’a pas été au rendez-vous.
« Balthazar et les lettres à toucher » Des lettres en minuscule en épaisseur rugueuses permettent de suivre le tracé de la lettre, un point de départ et une flèche aide au mouvement. L’accompagnant prononce la lettre en phonétique et l’enfant retrouve l’objet commençant par cette lettre sur l’illustration.
« L’Abécédaire imaginaire de Balthazar ». Des lettres en majuscule à la surface lisse mais résistante, même fonctionnement que les lettres à toucher. Une affiche permettra de redécouvrir cela par l'enfant seul.
La disponibilité d’attention doit être à son comble. Pour ces livres-ci, il est nécessaire de ne pas brouiller les pistes et de ne pas donner toutes informations non-nécessaires. Alors je patiente car le loupiot n’est pas encore actif. Après, nous recommencerons, 3 pages par 3 pages.


Ceux-ci sont pour plus tard !
« Balthazar découvre les phonèmes » permet de tracer les phonèmes en minuscule selon la même méthode, d’y ajouter le son en phonétique avec illustrations et d’associer seul les phonèmes aux illustrations par des cartes à « jouer ».
« Les premiers calculs de Balthazar » D’abord une présentation de l’esprit mathématique en classant par ordre de grandeur, de quantité, de poids, initiation au calcul quotidien. Une initiation aux chiffres. L’utilisation de matériels spécifiques : les barres concrétisant un nombre par une grandeur, les chiffres et les jetons pour découvrir les unités dans un chiffre.


Il est évident que notre loupiot de 2 ans ½ n’utilise pas tout le potentiel de ce matériel. Devrais-je dire que le fait que les livres se trouvent avec les livres de fiction jeunesse est aussi un signe d’un manque de discipline… de l’enfant mais avant tout de l’accompagnant, qui, même s’il respecte le choix d’un moment calme et de disponibilité conjoint, ne met pas à profit la concentration et l’énergie d’apprentissage de l’enfant. Alors en attendant, je lis les histoires en intégrant la méthode comme un plus. Par contre un livre a un succès fou, il s’agit du « Livre à compter de Balthazar, à la poursuite du lapin brun ». Une histoire complète où les chiffres sont dessinés et à reproduire qui marche à tous les coups en terme de réactivité, autant pour l’envie de compter sur l’illustration que sur le mouvement des doigts de l’enfant (après ceux de la maman bien sûr !).

mercredi 25 mars 2009

Prescripteurs bloguesques de livres jeunesse

En attendant le billet de Lily sur sa participation au débat organisé par EVENE au Salon du livre 2009 :« Libraires, médias, Internautes et blogueurs: qui influence le choix des lecteurs ? » et mon complément… je voulais vous donner mes prescripteurs de livres jeunesse, sans ordre :
Lily pour des livres plus ados et coups de cœur,
Ribambelles&Ribambins pour des livres très graphiques,
Malice pour ses mises en perspective,
Katell pour ceux qu’elle use devant les yeux écarquillés de ses élèves,
Clarabel dans les lectures de sa fille et des livres ados,
Kimoki pour des découvertes non-médiatisées,
Marraine pour les livres de grandes princesses,
Benjamin LACOMBE, pour ses coups de coeur quelquefois très osés
la maman de Clémence pour les livres ressources, éveil, éducation,
Sylvie que j'ai oublié et pourtant... pour des albums coup de coeur, ses apports sur la mythologie (la sienne ou les autres) et les contes
Pour les enfants et les parents en terme d'éveil
et dans l’inspiration, dans le sens des choses Holly Golightly …

Et quelques bons conseillers de librairies jeunesse, entre autre là sur Paris …

Alors un petit clin d’œil du soir avec un nouvel arrivage de livres… un thé et une gourmandise…
enfin le papier de la gourmandise, petit garçon d’un autre temps, gourmand, que nous devons à Germaine BOURET… autre clin d’œil à Ribambelles… parce qu’elle en parle ici, entre autres…

Trouver sa place... à Paris

En passant par un billet d’humeur et une visite auprès d’un ange proposée par Florizelle… j’ai envie de vous montrer nos nids à nous (cocons extérieurs et intérieurs).

Un livre de l’excellentissime Béatrice ALEMAGNA, à laquelle nous devons « Gisèle de verre » dont je parlais là et qui a illustré aussi les « Comptines du jardin d’Eden » dont je parle ici, « Un lion à Paris ».



Histoire courte, au format énorme, les illustrations étant à chaque fois comme un petit tableau. Les illustrations, découpages de visages photographiés, de stylisations poussées, me sont toujours aussi agréables.

Un lion part de sa savane où il s’ennuie pour trouver un travail, l’amour… à Paris. Il déambule dans la capitale, découvre des monuments de Paris avec une sensibilité autre. Il espère ne pas faire peur, se cache pour ne pas provoquer les colères face à l’étranger, l’animal sauvage qu’il est. Mais personne ne le voit, personne ne le remarque, la promiscuité et aussi l’indifférence lui font peur… il cherche quelqu’un qui saurait le regarder… et une bien belle demoiselle ne le quittera pas des yeux. Elle est connue de nous tous mais peut-être pas à sa valeur, elle « regarde quelque chose en vous, mais qui est derrière vous, dans votre passé. Elle regarde l'enfant que vous avez été, comme une mère regarde son enfant. » nous dit Bruno MATHON, critique d’art.

Ce livre à regarder, lire et rêver aussi comme un plan de Paris, propose une histoire belle, courte mais sensible et aussi un merveilleux derrière un monument. J’aime cette façon de donner vie… même à un lion de Belfort. J’ai hâte de faire le chemin du lion, de prendre le plan de la ville et d’aller lui dire « Bonjour, tu as trouvé ta place » et quelle place… Denfert-Rochereau. Sylvie nous parlait de cette envie de redécouvrir Paris et de l'aimer grâce à ce livre ici.

En attendant, nous avons la tête dans ces arbres-là, à regarder de plus près les branchages et les confections artisanales des oiseaux… les nids sont vides mais visibles… ne pas oublier de regarder encore, encore, de s’émerveiller encore.