vendredi 29 août 2008

Ma maison, mon pain indien

Je ne vais plus être chez moi dans la journée. Dans d'autres circonstances et d'autres lieux, j'aurais pris plaisir à garder la maison...l'ambition de s'épanouir n'est pas obligatoirement lié à une sortie de l'univers domestique...
J'y repensais en retrouvant cette chanson. Je l'ai tellement murmuré au petit loup, une berceuse de sons et quasiment sans paroles (peu de mémoire et texte inconnu)... "my own home" du Livre de la jungle de DISNEY, par sa version française, reviendra dans nos calins et aussi dans cette appréhension du monde, de l'univers féminin... entre tradition, modernité, féminité, épanouissement et féminisme, et "nouvelle femme"... en Inde, cependant, j'aurais pris plaisir à préparer le pain pour ma famille...un roti, un chapati ou un naan, peut-être quelquefois un poori, un paratha, mais le plus souvent un dosai ou un idli...

"Ma maison, sous le chaume
Ma maison, mon royaume
Dans les bois chasse mon père
Chez nous Maman cuit le pain
Moi je vais à la rivière
En chantant ce doux refrain
Ce refrain, ce refrain ...
Je m'en vais à la rivière
En chantant ce doux refrain
Un jour mon mari pour me plaire
Me fera une maison
Et notre fille à la rivière
Reprendra cette chanson
Hum hum hum Hum hum hum
Et moi comme le fait ma mère
Je serai dans ma maison"

mardi 26 août 2008

Des bouts d'ateliers

« Je restais seul parmi les sculptures et les toiles. (…) Tout autour de moi, il y avait des formes, forgées dans le métal ou taillées dans la pierre : hautes et poignantes sculptures de mères et d’enfants, de charmantes têtes de femme ; des bustes sveltes ; des poings en pierre, jaillissant de leur base rugueuse comme des cris ; des couples enlacés ; d’énormes oiseaux, tissus de rêves fantastiques ; les animaux d’une mythologie personnelle ; il y avait aussi des formes abstraites, presque liquides, délicatement modelées, en bronze poli. Pas une seule toile n’était figurative. Tout cela brillait, irradiait de subtiles harmonies, renforcées quelquefois par des textures inattendues, comme le sable, le plâtre et même, dans une très grande toile, par des morceaux de verre bleutés pris dans une pâte de remous orange. Il peignait avec force la couleur et la matière ; je me sentis rempli de la sensualité qui en émanait. Embarrassé, un peu effrayé, je fermai les yeux puis les rouvris ; à nouveau cette explosion de couleurs, cette vague de sensualité, brutale, élémentaire, comme une lumière qui jaillirait brusquement dans l’obscurité la plus noire. J’avais déjà vu certaines de ces toiles au musée, mais elles ne m’avaient pas touché comme maintenant. Je n’y avais pas senti cette sensualité sauvage. »
(extrait de « Je m’appelle Asher Lev » de Chaïm POTOK dont je parle )

Voilà, tout est dit. Je voulais une catégorie à l’intérieur des ateliers pour cette impression-là. Alors j’ai essayé, avec énormément d’effort et peu d’émotions dans le rendu. Je voulais vous emmener avec moi dans toutes ses impressions à chaud, entre les œuvres des artistes. Pas aux musées, non ! Bien ailleurs, dans leur fatras, leur bazar, chez eux, là où il faut faire attention en entrant, une toile séchant près de la porte, une autre sur le chevalet qu’il faut enjamber pour fermer la fenêtre, où cela sent la térébenthine, la peinture, où les pinceaux sont mal rangés, les tableaux pas mis en valeur, les sculptures pas dépoussiérées.


copie de l' "Annonciation" de Rogier VAN DER WEYDEN commencée par ma mère (elle me mettait à contribution, la broche-attache de la cape de l'ange était de mes mains de toute jeune adolescente, 14/15 ans ?... et la miniature ronde au dessus du lit devait l'être aussi)

En fait, j’avais envie de me souvenir. De me souvenir des lieux de mon enfance, dans mes maisons familiales où les personnes peignaient…sans faire attention à moi pendant longtemps quelquefois. De leur regard aiguisé, paupières mi-closes ou pupilles dilatées, de leur maux de tête après tant de temps de concentration. Des croquis, esquisses, des brouillons, des ratés. Des matières premières pêle-mêle par terre, des doigts tachés, des habits froissés (voire plein de sueur).

*œuvre d’un atelier de peinture de rue (Art & Développtment)

Mais j’avais oublié. J’ai aimé ce bazar, même si je n’avais aucune place dedans. J’ai aimé n’être qu’une ombre, un regard au dessus de leurs épaules. Et j’ai détesté ça ! Je voulais être reconnue… je le suis… autrement. Alors voilà, en emmagasinant les livres je me suis créé mon propre bazar, foutoir complet et pourtant agencé (si, si), mon matériel de peinture, de dessin, lui, étant bien rangé, trop rangé, tellement que je ne le sors plus, pas, pas assez. Alors j’ai pris le relais avec l’écriture, des billets aussi sur ce média. Des histoires, en oubliant que la peinture est sans histoireje me voulais illustratrice de ma vie, sans réel succès. Et j’ai oublié. J’ai oublié que dans cette catégorie là je voulais parler de cette sensation d’être au prise avec l’œuvre, rien n’est aseptisé comme dans un musée, tout sent, rien n’est objectif, tout est subjectif et soumis au jugement de l’œil du visiteur. Je voulais vous parler de cela. Des impressions fugaces, des souvenirs tenaces, des odeurs inoubliables et aussi de cet égoïsme des artistes (de certains… ou de tous). Parce que cela me manque, parce que je n’ose rentrer dans les ateliers et pourtant j’en rêve. Parce que les détails, les ustensiles, les matières premières, les brouillons, les éclats de voix, de rire, les mains pleines de taches ou de glaise, les portes qui claquent, cette foi en quelque chose me semblent quelquefois plus intéressants que l’œuvre finie.


*source mains de potier

J’ai envie de rependre le dessin, comme avant, comme quand je dessinais tout, le chien, le chat, le prof, la voisine, les statues du jardin, les pubs, les fleurs, les fées et les lutins…les hommes… etc… et j’ai envie de rentrer à nouveau dans ces ateliers, alors avant l’ouverture du mien, promis j’en ouvrirais d’autres.

"Toute visite d'atelier peut avoir valeur d'initiation ou, à tout le moins, nous donner l'illusion d'accéder à un univers qui nous est étranger et auquel un privilège nous a conduit, ouvrant des portes jusqu'alors inconnues. "
(introduction au texte que Germain VIATTE, directeur du projet muséographique du Musée des Arts Premiers, a écrit dans le catalogue " Ousmane Sow, le soleil en face ", après sa visite à l'atelier en avril 1998)

lundi 25 août 2008

Un peu d'eau pour nos mains... et plus

Les bonnes habitudes se prennent avec l’exemple et dès le début. Voui, voui, c’est sûr. Alors oui, nous nous lavons les mains : après être allés aux toilettes (oui), avant de cuisiner (sans impaire), en rentrant d’une promenade (à peu près à chaque fois), avant d’aller manger (euh souvent), en se lavant le matin (ben oui avec le reste) et avant de dormir (euh…) …Après le petit loupiot apprend avec nous : escabeau devant le lavabo ou l’évier et hop.
Et bien non pas si hop que cela. Après quelques recherches, je remarque que je ne savais pas encore me laver les mains. Oui, oui, jusqu’aux poignets et entre les doigts…et bien ce n’est pas suffisant. Pour contrecarrer le plus possible les microbes, il faut se laver les mains avec 6 étapes. Une vraie gageure et un coup de mains (jeu de mot facile) à prendre…


*source des 6 étapes pour se laver les mains, suivez le lien pour voir en plus grand (technique Ayliffe)

Et nous pouvons rajouter une comptine pour le petit d’homme :
« Frottons, frottons bien
la paume des mains
le dessus des mains
et les petits coins !
Autour du gros pouce
le bon savon mousse
et vers le poignet
il fait un bracelet.
Rinçons, rinçons bien
et puis doucement
tapotons nos mains
dans le lavabo...
Vite, essuyons-les !
Oh ! bravo ! bravo !
que c'est bien lavé
nous dira maman
en nous souriant. »
Source

J’aime aussi l’idée du lavage des mains comme purification avant d’entrer dans des lieux de sérénité ou de prières, les rites d'ablution musulmans ou pendant certaines fêtes juives mais aussi le tsukubai en entrant dans les temples japonais et ses Shaku.
*source shaku, photo de Rebecca

Ici, on vous dit comment faire.


*source panneau de purification

Et puis avant de se mettre à table, des mains propres. Je prends beaucoup de plaisir, par exemple, à recevoir ma oshibori avant de commencer le repas dans un restaurant japonais. Cette serviette humide et chaude est servie pour se frotter les mains avant de manger et j’aime cette coutume. Et puis, des fois, les mains propres s'imposent.
Dans peu de temps, je reprends le travail. Lequel ? Je ne sais pas encore. En tous cas je me prépare à mettre en application une pratique que j’adore : la boite à bento remplie par mes soins. Souvenez-vous, je vous parlais de mes premières boites . Je présume un peu trop, il y aura peut-être cantine, resto d’entreprise ou tout simplement groupe de collègues convivial avec lequel je prendrais plaisir à aller manger à l’extérieur.

*source oshibori

Alors j’aimerais aussi accompagner ma bento de son oshibori et là, je saurais à quoi sert la boite de rangement des tétines du loupiot (lui qui ne tétine pas !).

Il me suffit de me procurer le tissu adéquat. Je pourrais m’en procurer à usage unique ici. Mais les vraies seraient fabuleuses, car après, je pourrais créer des marionnettes pour le chenapan…un éléphant pour sûr, regardez donc avec un peu d'imagination et la main.

dimanche 24 août 2008

Du lait dans un Wulong

En partant en vacances, j’avais été en manque de thé, et de ses petits moments rien qu’à moi avec le zhong, petite parenthèse pour avancer, seule, dans une certaine sérénité. Seule, quelle ingrate ! Un peu, un peu, j’y inclus qui veut, le plus possible, le plus souvent possible aussi …
Alors en passant dans la ville des Machines, je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer dans une autre boutique de thé, j’en suis ressortie avec un nouveau zhong (et sa boite pour qu’il devienne nomade comme un certain autre), un autre wulong et une autre tasse japonaise sans anse.

Un oolong comme un thé noir avec du lait… de quoi laisser les asiatiques s’approprier ce goût lacté, à défaut de l’odeur :


*source de fabrication artisanale de lait de soja , photo de Annick

« C’est une odeur difficile à définir (que les Occidentaux eux-mêmes ignorent et qu’on ne sent plus pour peu qu’on vive parmi eux), qui tient essentiellement au laitage. Malgré l’expression dont certains Chinois usent pour la qualifier : « Ca sent le lait », il n’y entre pas nécessairement de nuance péjorative mais avant tout une constatation physiologique. Cette vieille race d’agriculteurs, éleveurs de porcs et de volailles, a depuis toujours ignoré le lait animal. L’enfant chinois, à part le lait maternel, ne connaît que le lait de soja. Aussi, lorsqu’un Chinois goûte pour la première fois le lait de vache ou de chèvre, ne manque-t-il pas d’avoir un haut-le-cœur, voire une envie de vomir. »
(extrait de « Le Dit de Tianyi » de François CHENG)

En effet, nous avons dégusté, toute la tablée, les premières liqueurs de ce Milky Wu long. Thé originaire du village de Mae Salong, au nord de la Thaïlande, dit fleuri et lacté proche des Jin Xuan taïwanais. Quelles sont belles ces cueilleuses de thé Akhas, sous leur fardot de thé et non plus d’opium.
Les feuilles sèches sont vert émeraude, enroulées et régulières, comme un peu sèches. Elles ont une note sucrée comme de fruits cuits. La liqueur est jaune verte, le couvercle apporte une note florale légère et verte, comme du gazon coupée.
Et puis en bouche, la liqueur est marine, salée avec un peu d’amertume mais surtout comme un peu de « gras »…comme du thé noir auquel nous aurions ajouté du lait…et plus tard reste en bouche un léger goût de noisettes.

vendredi 22 août 2008

Pour yanguiser son "je suis"

Un petit rhume, le nez qui coule, un éternuement de temps en temps... il n'est pas question de laisser cela dégénérer...mon homme est pour le médecin, moi plus pour la sorcellerie positive... (enfin avant les grands symptômes!).

Alors de quoi revigorer tout cela: une recette de thérapie macrobiotique pour yanguiser après excès de légumes, sucreries, alcool ou contre un rhume. Je reviendrais plus tard sur les préceptes de la macrobiotique et le yang et yin associé. J'aime aussi parce que je bois ce genre de remède dans les grandes tasses chinoises pour les soupes que m'a ramenée ma mère de son séjour en Chine.



Boisson d'umébosis au kuzu, gingembre et shoyu
1 petit morceau de
Kuzu
1 petit pois de gingembre frais râpé
1 cuillérée à café de shoyu
1 prune
umébosis
1 tasse d'eau froide


Diluez dans une casserole le morceau de kuzu dans une cuillérée à café d'eau froide. Rajoutez la pulpe de la prune umébosis, ainsi que son filament et son noyeau. Tout en mélangeant continuellement, portez à ébullition jusqu'à ce que le liquide laiteux deviennent transparent.

Sortez du feu, rajoutez le gingembre et le shoyu. Buvez chaud. Effet tonique garanti!


mercredi 20 août 2008

Autour de la flamme ou de la lumière

« En Afghanistan, le yelda correspond à la première nuit du mois de Jadi, c’est-à-dire la première de l’hiver et la plus longue de l’année. Respectueux des traditions, Hassan et moi veillons tard ce soir-là, les pieds bien au chaud sous le kursi, pendant qu’Ali jetait des pelures de pommes dans le poêle en nous racontant d’anciennes histoires de sultans et de voleurs. Grace à lui, j’appris les croyances liées à cette date –croyances selon lesquelles des papillons ensorcelés se précipitaient alors sur la flamme des bougies et des loups grimpaient dans les montagnes à la recherche du soleil. Ali jurait que quiconque mangeait de la pastèque pendant le yelda ne connaissait pas la soif l’été suivant.
Plus tard, je lus dans mes recueils de poésie que les amants séparés restaient éveillés durant cette nuit sans étoiles et enduraient l’obscurité sans fin dans l’attente que le soleil se lève et leur ramène l’être aimé. »

(extrait de "Les cerfs-volants de Kaboul" de Khaled HOSSEINI dont je parlais )

Au coin du feu, des écorces d’orange, des châtaignes ou des épluchures de pommes dans le poêle… de l’oralité, des contes, des poèmes… de la convivialité… même en été, j’en rêve.

*source lampe de Hervé SALGADO

Et puis même sans poêle, je serais heureuse d’une luminosité comme celle-ci, avec une lampe comme celle-là, superbe, magnifique, entre contes et fables… une SALGADO