mardi 29 avril 2008

Où sont passés les cerfs-volants?

Vous vous rappelez : je considère les livres comme voyageurs, j’aime l’idée qu’ils passent de mains en mains, de lecteurs en lecteurs, d’avis en critiques, de plaisir en réticence de lecture…ils se prennent pour des cerfs-volants !
Ils ont aussi voyagé ces derniers temps et certains attendent encore d’arriver à destination…



*source (projet d’écriture à partir de cette image à lire sur ce lien)

Katell a pris son temps pour se délecter de «Je suis un chat» de Natsume SOSEKI…comme cette scène avec le mochi, le livre est long en détails, précis en atmosphère. Katell nous livre son ressenti ici.

« Le bonheur des petits poissons » de Simon LEYS, dont je parlais , a fait une escale chez Lily qui l’a beaucoup aimé ici avant de reprendre son envol chez Sylvie (qui patiente, doucement, en s’impatientant, la pauvre, ce livre devait arriver chez elle en premier !)

Sylvie a lu en primeur (je n’ai pas été plus loin que l’introduction pour l’instant en admirant le projet) « Passeurs d’Espoirs » de Marie-Hélène et Laurent De CHERISEY et reste largement sur sa faim.

Lily a en attente "Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes" de Michel TREMBLAY. « Tout le monde est occupé » de Christian BOBIN, dont je parlais , et « La pomme rouge » de Francis Garnung, dont je parlais ici, attendent leurs envols.

lundi 28 avril 2008

Après un déséquilibre alimentaire

J’avais parlé de l’éducation alimentaire que j’aimerais mettre à profit avec mon petit d’homme. Comment vais-je faire ? N’est-ce pas par mimétisme qu’un enfant apprend aussi (et surtout). Oui je suis une obèse, pas fière de l’être, quoique des fois. Je dis n’importe quoi, l’obésité est une maladie qui tue, je ne suis donc pas heureuse d’être malade même si j’y ai trouvé des caches pour moi-même et pour les autres…et une telle carapace est difficile à retirer. Alors comme un tatou, j’enlève écaille par écaille en prenant goût à la vie et à une hygiène de vie.


*source Dasypus: Roger HALL

Je ne parlerais pas des causes du surpoids, mes causes sont quelques fois entre ces lignes… voici seulement de quoi sortir des discours convenus ici et un petit schéma :


*source estime de soi et obésité

Mais reprenons, comment donc revenir à la normal et être un modèle pour son enfant ? Pour être claire tout de suite, je suis contre les régimes ! Contre, opposée, farouchement opposée, pour de nombreuses raisons :
- diététique : le régime en lui-même la plupart du temps est une utilisation frauduleuse de la diététique. Ce sont très souvent des régimes déséquilibrés, sources de carences
- pragmatique : les résultats des régimes sont (quand il y en a) à court terme et à long terme le poids est repris voir amplifié.
- psychologique : se focaliser sur la nourriture lui confère un poids de culpabilité possible
Je ne parle même pas des régimes dangereux que nous pouvons retrouver ou découvrir chaque année en cette saison (Atkins, Mayo, Scardale, Montignac, Gesta, soupe au chou, diète protéinée, régime des stars) : une abomination de l’entendement et un cercle vicieux du déséquilibre alimentaire.

Je cherche, tout au long de mon parcours, pour tout, à réfléchir sur le problème, mes réticences à en sortir et les solutions, alternatives le plus souvent, pour aller de l’avant. Voici, comme un carnet de bord, une mise en mots d’une réflexion pour l’aboutir et la digérer, un petit tour de (m)a question.

- ne plus focaliser sur le repas, c’est tellement vrai. Et manger de tout. C’est un seul point car pour moi l’un et l’autre vont de paire. Si nous éliminons une partie de nos aliments nous avons déjà trop focalisé sur la potentielle dangerosité d’un produit. Je ne mets pas le doigt sur les végétariens car les protéines sont aussi végétales. Cela revient aussi à un des fondements de l’hygiène alimentaire d’Okinawa (dont je parlais ici, à ne pas confondre avec le régime, ou japonais) qu’est le nuchi gusui (soit pour un occidental, l’aliment est bon, me veut en bonne santé).
- Reprendre plaisir, se rabibocher avec la nourriture avant même de vouloir la limiter : soit réapprendre le goût, si important, et retrouver un triple équilibre grâce à lui : énergétique, nutritionnel personnel et émotionnel. Pour réapprendre à déguster, voilà un indice. Redéfinir nos envies et les saveurs. Essayer de décaler l’une pour un autre repas, le sucré pour le goûter par exemple. L’étude suivante sur les saveurs est à prendre avec des pincettes mais il est toujours bon de se réapproprier les saveurs.


*source

- Pour redéfinir notre poids et comprendre notre déséquilibre, le Docteur Jacques FRICKER est un premier palier bien intéressant. « Le nouveau guide du bien maigrir » permet de se poser à côté de notre poids et de choisir « en bonne intelligence » d'en perdre ou non.

Il distille aussi des menus « plus adaptés », pour participer à réduire certains types d’aliments trop présents. Pour moi, ce n’est qu’une étape. Il me semble nécessaire de trouver une hygiène alimentaire à tenir toute une vie, non limitative ou restrictive.


- La restriction me semble être aussi un facteur négatif à une hygiène alimentaire sur la vie durant. Une reprise en mains de nos sensations corporelles et faire confiance en son corps me semblent nécessaires. En ce sens les principes du Docteur Jean-Philippe ZERMATI sont forts intéressants, dont un des livres donne la méthode : « Maigrir sans régime ».

Il suffit de réapprendre à suivre ses sensations alimentaires et laisser faire la régulation sensorielle : « Chacun possède naturellement une compétence psychophysiologique lui permettant d’ajuster spontanément sa consommation d’aliments à sa dépense énergétique et de maintenir son poids d’équilibre génétiquement déterminé. » Si vous voulez suivre ses étapes : retrouver ses sensations alimentaires, faire la paix avec les aliments et distinguer émotions et prises alimentaires, je vous conseille de lire ceci. Vous y trouverez, entre autre, un très bon exercice pour retrouver la satiété … et un exercice sur le goût.



- Il est aussi possible d’offrir d’autres propositions alimentaires en allégeant certaines recettes pleines de saveurs, en employant les produits alternatifs : l’agar agar si bien mis en valeur par Cléa et son livre « Agar agar »,

les laits et crèmes végétaux, les ingrédients d’ailleurs ou prendre de bonnes idées de la gastronomie moléculaire d’Hervé THIS, entre autres…(si cela vous intéresse lire ici ou et ici et )


Mes choix alternatifs ne sont pas des pis-aller pour ne pas prendre le problème à la racine, ce n’est pas une fuite mais bien au contraire une éthique de vie, quelque chose que je trouve bien plus essentiel que d’apprendre la norme de poids à quiconque.

Edit: oui, c'est ça La Trolette, ce site sur le Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids est une vraie mine d'or!

jeudi 24 avril 2008

Ethiopie...en Afrique

Un restaurant éthiopien entre copines, le même plat épicé communautaire, un assortiment Beyayennatou, mangé à la main. La galette éthiopienne, très douce, souple, crêpe spongieuse, à la consistance entre la galette et le blinis, était aussi une révélation. Et non, les filles, pas de blé dans cette indjira, ingera ou injira (pain éthiopien), donc aucun écart :




*source teff

« (…) on trouve l’indjira, un célèbre pain éthiopien au curieux goût aigre, fait à base de farine de teff (une sorte de millet). Le processus de fabrication en est long et complexe, et suit de nombreuses étapes ; la pâte est laissée à fermenter pendant 2-3 jours. Ce pain sert à la fois d’ « assiette » pour présenter la nourriture et de « cuillère » pour l’attraper. Les plus grands peuvent couvrir une petite table, et c’est en nappe que les restaurants la présentent. »
(extrait de « Le livre de la cuisine juive » de Claudia RODEN : une bible…euh une thora ! dont je parle )
...
une Reine de Saba pour finir (euh non pas celle-ci, celle au chocolat) et trois thés éthiopiens (je ne pouvais pas passer à côté de cette boisson plein d'effluves et d'épices ou herbes)…le repas a laissé courir les palabres ici et là, les dessins, les odeurs de fleurs d’oranger et les sourires. Merci infiniment les filles pour ce moment et dire que le restaurant a le nom du fils que Saba a eu avec Salomon….



J’ai pu laisser en « mains propres » le colis… des perles de coraille et du gris/vert, blanc, anthracite et bleu turquoise pour une région intime de ce Clorocebus
Aussi, entre autres, "Ethiopiques" de Léopold Sédar Senghor en référence à l'Éthiopie antique (« Éthiopie » vient du grec et signifie « pays des visages brûlés »), celle qui est à la source du peuplement égyptien, de la culture égyptienne. Rappelez-vous la « Femme noire » de ce poète, poème relevé par Katell

SWAPS, le tour des cadeaux et univers

Quelle difficulté que de vouloir faire plaisir aux autres. Voilà, j’arrête les Swaps pour quelques temps, je reprendrais…plus tard.

Voici un récapitulatif des swappés et swappeurs, des univers entrouverts, des voyages imaginaires et réels...



*source

Swap Scandinavie organisé par Kalistina et Flo.
Swappeuse : Majanissa qui m’a gâtée
Swappée : Chrestomanci avec son colis et mes indices 1 et 2



*source noir de fumée

Swap Noir c’est Noir, Polar, café et chocolat, organisé par Fashion victim et Stéphanie, le blog
Swappeuse : Soeur Anne qui m’a gâtée
Swappée : Tina (qui n’a pas de blog) avec son colis et mon indice ici



*source

Mini Swap thé organisé par Flo :
Swappeuse : Flo qui m’a gâtée
Swappé : Joël avec son colis et mon indice ici



*source Afrique

Swap Afrilire, organisé par Bladelor , le blog
Swappeuse : Emmyne qui m’a gâtée
Swappée : Caroline avec son colis arrivé en mains propres ainsi qu'une mise en bouche



*source Denis PESNOT

Sans oublier le lotobook 1 et 2 organisé par Stéphanie dont je n’ai été qu’une participante lamba, pas gagnante en or, ni cactus…mon premier livre offert est ici et le second , à vous de savoir lequel !


Rajout du 09/12/2008:

2nd Mini SWAP Thé, organisé par Loula
Swappeuse: Katell qui m'a gâtée
Swappée: Francine avec son colis et une mise en bouche

Rajout du 25/03/2009:

SWAP "Si ton petit-déjeuner m'était conté", organisé par N-Talo, le blog
Swappeuse: Nathaline qui m'a gâtée
Swappée: Marmotine avec son colis et des indices, le premier et le second.

De l'Afrique ici ou là

Je ne vous avez pas dit mais ces jours-ci, l’Afrique, très superficiellement, est dans mon quotidien. Parce que je participe au SWAP Afrilire de Bladelor. J’ai choisi mon colis pour ma swappée et ai reçu le mien d'Emmyne. Très superficiellement parce que je le connais que peu encore...j'y ai mis les pieds un jour, au Kenya, avec une rencontre fabuleuse de la faune et des Massaï et j'attendais beaucoup en découvertes...

Pour tout vous dire je l’ai reçu avant-hier, mon colis, j’ai dû attendre que la batterie de mon appareil photo soit à nouveau opérationnelle. Et alors j’ai pu ouvrir mon colis mais j'ai attendu encore pour vous en parler car je finissais de préparer le mien qui devait arriver en mains propres hier...mains propres obligatoirement, vous n'êtes pas d'accord!


Et j’ai été gâtée : de la faune ici et là, sur le papier et ailleurs, de quoi partir avec avec KIPLING ou dans mon enfance ! Des marques pages, un tigre serein (aoutch!), une girafe superbement brodée (je ne lui avais pas dis à ma bienfaitrice mais j’aime beaucoup les girafes et cela tombait sacrément bien...comme une petite collection, à montrer bientôt), accompagné par un crayon …girafe.



Suivi par un éléphant coupe-papier… une main occidentale dans la main africaine m’emmène parmi de superbes lectures, (vous avez vu, la carte était faite pour moi, de l'initiation à l'Afrique...) :



Amadou Hampâté Bâ, « Contes initiatiques peuls » qui me tentait déjà lors de ma recherche pour ma swappée : des traditions africaines, de l’oralité peule et des contes, rien de mieux pour démarrer.
Mariama Bâ, « Une si longue lettre » sur la condition de la femme en particulier au Sénégal, lui aussi je l’avais bien zieuté.
Cheikh Hamidou Kane, « L’aventure ambiguë » : alors là chapeau pour le choix, cela semble être un livre fondateur sur les contradictions des héritages différents de l’Afrique, culturels, religieux, familiaux ou techniques. J’ai hâte !

Merci à Bladelor pour l'organisation et ce blog Afrilire sur ce Swap et merci encore Emmyne: oui Afrilire rime avec plaisir!! D’ailleurs n’hésitez pas à aller sur son univers A lire au pays des merveilles, beaucoup de livres pour enfants, petits et grands, voire même très grands, avec des analyses qui me plaisent drôlement bien...

lundi 21 avril 2008

Autour du plateau de Séder

Dans quelques familles, ce week-end a connu deux longues prières empruntes de récits de plus d’une heure à chaque fois. Nous avons éliminé les Hametz et acheté les Matze.
Et oui c’étaient les deux soirées de début de Pessa'h.
Non juive et non pratiquante, j’aime tout de même ces fêtes et plus particulièrement cette fête de pâques. Mais pourquoi donc si tu n’es pas croyante en ce Dieu ? Et bien parce que c’est important pour mon amoureux. Cela fait partie de ses coutumes et de son chemin spirituel.

C’est une des fêtes que je préfère, parce qu’elle est très quadrillée mais surtout tournée vers le questionnement et l’enseignement.
La veille, nous avons mis de côté les Hametz dans une armoire fermée que je suis la seule à ouvrir et qui peut être condamnée pendant une semaine (pas vendus, ni donnés, ni mis à la poubelle mais l’esprit est là). Les Hametz sont les aliments fabriqués à partir de ces 5 céréales (et à fortiori elles-mêmes) : le blé, l’avoine, le seigle, l’orge et l’épeautre. En fait, il s’agit de reproduire les conditions alimentaires du peuple juif durant la fuite d’Egypte. Le pain n’avait pas eu le temps de lever, il était resté plat. Ainsi de nos jours, pour se rappeler cette période, les juifs éliminent de chez eux tout ce qui permet aux céréales de lever… tout ce qui contient du gluten en fait. Les ashkénazes s’abstiennent également du millet, du riz et des « légumineuses douteuses » comme les haricots, les pois, le mais et les cacahouètes. Les céréales sont remplacées par de la farine de Matza, qui permet de faire pains ou gâteaux et plus particulièrement les Matze, pains azimes de cette fête et de cette semaine.


*source Séder : Shlomo KATZ

La fête très ritualisée commence par une prière et le récit du peuple juif (l'Exode d'Egypte à lire à cette adresse, qui ne veut pas passer en html http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exode ) autour du plateau de Séder : plateau symbolique où se retrouvent des éléments de la condition de vie du peuple juif avant d’arriver en Israël :



*source plateau

Zeroa : os rôti qui évoque l’agneau pascal que les ancêtres juifs offraient à Dieu.
Btesa : œuf dur dont la forme arrondie symbolise le cycle de la vie et de la mort
Maror : herbe amère qui rappelle l’amertume de la servitude en Egypte
Harosset : mélange à base de noix, de fruits, de vin et d’épices qui caractérise le mortier dont les ancêtres juifs firent usage pour construire les pyramides
Karpass : légumes verts qui symbolise le renouveau


*source du plateau de Séder avec l’exode du peuple juif (il faudra bien un jour que nous en choisissions un pas forcément parmi ceux-là du reste)

L’hébreu côtoie le français et la succession des textes et des rituels de prière permet à toute la famille d’être rassemblée : les adultes comme les enfants, qui dès en âge de lire lisent les questionnements sur la spécificité de cette fête, des quatre fils (un sage, un pervers, un simple et un qui ne sait pas questionner) ou l’explication des chiffres de 1 à 13.
C’est une fête conviviale destinée à tous, chacun lit une partie, les mets sur le plateau vont de main en main, le plateau passe au-dessus des têtes, le vin est sur les lèvres de chacun (à faible dose). C’est aussi une des plus complexes. La prière et la Haggada (le récit), qui prennent beaucoup de temps avant le repas à proprement parlé, sont suivis par tous dans de nombreux livres, qui n’ont pas la même traduction de l’hébreu. Entre les textes à lire, bibliques ou pédagogiques, se trouvent aussi des explications, des compléments, des instructions précises sur les gestes rituels et toutes les différences possibles (jour de Chabbat, présence d’enfants, de vieillards etc). La difficulté est aussi de suivre pour son tour de parole. J’aime suivre avec le livre d’Elie WIESEL, « La Haggadah de Pâque »

… j’écoute le récit, les prières dans cette langue gutturale et chaude et je me laisse bercer par les dessins de Mark PODWAL.



« Les plus courtes sont les meilleures :
C’était un juif d’origine égyptienne, qui ne savait pas lire la Haggada la nuit du séder. Sa femme n’arrêtait pas de lui demander de lire la Haggada, de chanter et de célébrer le séder comme dans toute famille juive et de se réjouir. Finalement, l’homme lui répond : « Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce qui se passe ? Il y avait deux types en Egypte, un c’était Moïse, l’autre Pharaon. Ils se sont disputés et après, ils ont fait la paix. Et maintenant ils sont d’accord, ça suffit, tout est fini. Alors maintenant, viens manger ! »
Israël, sépharade »

Extrait de « Contes et fêtes juives » de Colette ESTIN.