mercredi 18 mars 2009

Du miel, des abeilles et un petit-déjeuner

Il y a des matins sous le signe des abeilles… non, non, je ne suis pas une adepte quotidienne d’apithérapie mais il est vrai que le miel, la propolis, le pollen et la gelée royale font partie des tiroirs. J’aime à les utiliser de manière préventive même si je suis encore loin de saisir tous les possibles.
Il est vrai que j’ai mis du miel sur la lèvre ouverte de mon fils. Et que j’en mets régulièrement sur la gerçure de son pouce (qu’il met en bouche) après avoir nettoyé consciencieusement avec du sérum physiologique. Très spontanément j’avais pensé au miel comme élément nutritif non toxique (que mon fils a un malin plaisir à lécher) mais aussi en espérant une cicatrisation favorisée. Et en effet, le miel permet une meilleure cicatrisation et même une désinfection, entre autres bénéfices. Pour en savoir plus sur les soins naturels aux coupures et écorchures c’est ici. Nous avons une dizaine de miels dans les placards, parce que les propriétés sont différentes pour chacun bien sûr ! Mais non, parce que les goûts me plaisent, allez, je vous mets en lien, quand même, les différentes propriétés selon les miels ici... je rajoute mon miel de chêne, non indiqué, qui tonifie et minéralise mais est aussi contre les infections pulmonaires et bronchiques.
Le pollen, je le prends en cure, pour reprendre de l’énergie aux changements de saison mais il aurait aussi de multiples vertus. Il est aussi très riche en sélénium… un bon point pour mon papillon thyroïdien. La propolis, en gomme, pour tous les petits bobos de bouche (aphte, mal de dent, problème de gencives ou mauvaise haleine), ma maman m’en parle aussi pour des problèmes respiratoires… Mais j’y reviendrais sûrement plus tard.


*source miel encore dans les alvéoles

J’adore le miel, j’aime aussi chercher à y retrouver la fleur source en exerçant ainsi mes papilles… la fleur ou l’arbre. Mais là il est vrai que je me demandais un peu d’où venait un miel d’arbre non mellifère ou peu. Un miel de sève, est-ce possible ?
Mes miels de sapin, de châtaignier, de chêne alors. Il s’agirait de miellats et non de miels. Substance liquide produite par les abeilles à miel ayant récolté le miellat des suceurs de sèves (entre autres les pucerons)… soit un miel de déjections. Je me rappelle un extrait fabuleux de la trilogie des fourmis de Bernard WERBER (de ce qui n’est pourtant pas ma littérature préférée), racontant avec aventure cette production en masse faite par les pucerons, esclaves minuscules des fourmis. De quoi tout de même remettre les yeux sur le grimoire du Savoir Relatif et Absolu, de WERBER, illustré par Guillaume ARETOS… pour d’autres raisons, alors j’en parlerais plus tard.

Alors oui, un miel de déjections, tout de suite, cela ralentit ma déglutition… mais en fait non, j’aime ce miel foncé et puissant… ce miel d’épineux ou de grands arbres. En quand nous arriveront à l’explication du miel pour notre loupiot (bientôt), je rajouterais l’histoire du miellat avec quelques indices ici de ce cher journal des terriens, La Hulotte dont je vous parlais là. Et peut-être un coloriage reprenant la vie d’une abeille et la fabrication du miel. Du miel de nectar ou de miellat expliqué ici au miellat des pucerons là.

*source La Hulotte n°28/29

« En France, les forêts de résineux et de chênes sont, au moins potentiellement, les principales ressources de miellats. Tous les résineux ont leurs parasites, sapins, épicéas, pins, mélèzes, cèdres. Souvent des “ Cinara ” qui contrairement à d’autres espèces de pucerons ne vivent que sur un seul arbre hôte, mais également d’autres espèces…Ainsi les épicéas peuvent-ils être parasités par une cochenille, Physokermes piceæ, laquelle produit du miellat en abondance. De part leur étendue et leur situation, en récolte le plus souvent, en France, des miellats de sapins et d’épicéas, plus rarement de pins et de mélèzes. Les miellats de mélèze, très riche en mélézitose, sucre très peu soluble, sont très difficiles à extraire car très visqueux. Les miellats de pin sont largement produits dans certains pays européens… Les chênes ont également leurs prédateurs, souvent des cochenilles, mais également un puceron Lachnus roboris. Ils sont à l’origine de la majorité des miellats produits dans les forêts de plaines tant en zone atlantique que méditerranéenne. Les miellats de chêne sont bruns foncés. Ils différent des miellats de résineux tant pas leurs éléments figurés, que par leur caractéristiques sensorielles et physico-chimiques (profils des sucres, acidimétrie). On ne parle jamais des miellats de hêtre bien que ces arbres aient également leur parasite, producteur de miellat. Certains arbres produisent à la fois du nectar et des miellats. Les tilleuls, les érables et les châtaigniers sont dans ce cas. Les miels issus de ces espèces combinent plus ou moins, selon les années, les deux origines avec une variabilité assez importante dans la couleur, la physico-chimie, les caractéristiques sensorielles… » (extrait du Monde des miellats)

Et puis que dire sinon que ces insectes, les abeilles mellifères, me sont presque indispensables… j’aime les retrouver sur les ruches du parc Georges BRASSENS dans le 15ième parisien, je tourne autour des autres ruches du Jardin du Luxembourg et rêve d’aller faire un stage d’apiculture avec la Rêveuse. Je n’en ai pas peur à l’inverse de mon homme qui slalome entre elles, j’aime les regarder travailler. J’aurais aimé que ma maman puisse continuer son projet de ruches… malheureusement je ne goûterais pas ce miel de marais salants. Et puis, n’hésitez pas à lire ce billet sur l’abeille sentinelle écologique.

Mais je vous parlais de miel parce que ce matin, en plus d'avoir pris ma cuillérée de pollen avec du miel, j’ai envoyé de quoi préparer un petit-déjeuner … et que dedans il y a du miel… et pour le reste j’ai mis :
« A. Thé de menthe, thé de cynorrhodon, thé de tilleul, thé de jasmin… au choix
B. Œufs de petits oiseaux chanteurs
C. Champignons séchés ou frais, choix d’au moins 60 variétés (grand champignon parasol, agaric jaune, chanterelle, corne d’abondance, bolet comestible, champignon de prairie, boletus mirabilis, russule, morille)
D. Beurre d’huile de tournesol ou de navets
E. Panade de semences variées de graminées
F. Pain de farine de glands
G. Œufs de fourmis
H. Confiture de myrtilles, de framboises et de mûres
I. Pain d’épices dont le sucre vient du miel ou de la betterave sucrière. »
(extrait de « Gnome » de Wil HUYGEN, illustré par Rien POORTVLIET)
*source « Gnome »

Ou presque, le tout pour partir en montagne … non en forêt, j’en ai trop dit !

vendredi 13 mars 2009

Science et vie de la terre et autres recettes culinaires

Un peu plus et je participais à un casting, ouf, j’ai échappé belle ! Ma cuisine étrange, sans prétention, familiale, n’est là que pour mes cobayes, amis. Alors pour continuer à pénétrer dans ma cuisine et me donner envie d’aller de l’avant voici une autre fournée de recettes avec des graines germées, des légumineuses rendues digestes, une petite anecdote pour enfant (comment reconnaitre une graine d’un caillou avec son cours sur la germination) et un légume mucilagineux à souhait et pourtant fort bon si bien cuisiné.
***

Soupe de racines et quinoa germé
1 gros panais
2 carottes
1 à 2 topinambours
½ tasse de quinoa
1 échalote
1 petit morceau de gingembre
De l’huile d’olive


Faites germer le matin le quinoa. Soit dans un germoir soit à même une assiette creuse en ayant rincé votre quinoa pour enlever la saponine. Pour le germoir, faites déjà tremper votre quinoa une petite heure dans l’eau, puis étaler votre quinoa sur un plateau recouvert d’un linge aux mailles fines (style lange de bébé). Dans une assiette creuse, mettez le quinoa avec un fond d’eau, recouvrez d’une autre assiette creuse et attendez.

Epluchez les légumes racines (s’ils sont bios vous pouvez juste les brosser et retirer la peau du topinambour si elle est trop épaisse). Emincez finement l’échalote et le gingembre et mettez-les à fondre dans la casserole à fond épais où l’huile d’olive est chaude, rajoutez une pincée de sel pour qu’ils suent. Rajoutez les légumes coupés très finement. Laissez-les suer aussi le plus possible sans qu’ils attachent. Rajoutez le quinoa (égoutté si germé en assiette) et l’eau à hauteur des légumes. Laissez cuire jusqu’à ce que les légumes soient al dente et mixez.

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Haricots rouges germés et digestes (oui, oui, rouges au départ!) au shoyu
1 poignée de haricots rouges
1 fine lanière de kombu
1 pincée de bicarbonate de soude
persil
shoyu

3 jours avant, faites tremper toute une nuit les haricots rouges. Le lendemain, mettez les sur un plateau du germoir et rincez-les très souvent dans la journée, le soir mettez-y même la main (propre) pour retirer le gluant entourant l’enveloppe responsable de l’odeur peu agréable. Trois jours plus tard, retirer les téguments (enveloppe rouge), dessous la graine a germé un tout petit peu. Si l’opération est délicate, replongez les haricots dans l’eau, le tégument se retire en appuyant sur une des bosses… (une très agréable coopération avec un loupiot de 2 ans qui tire lui sur le tégument à demi retiré !).

Faites les cuire dans une casserole avec beaucoup d’eau. Rajoutez-y l’algue kombu qui permet une cuisson des légumineuses plus rapide et une pincée de bicarbonate de soude qui permet de retirer ce qui cause les ballonnements. En effet, pendant la cuisson vous retirerez à l’écumoire l’écume blanche responsable de tous nos maux (deux ou trois fois).

Lorsque les haricots commencent juste à se détériorer, arrêtez la cuisson, égouttez en gardant l’algue kombu et rajoutez un filet de sauce shoyu et le persil.

Et pour le lutin qui nous accompagne en cuisine : « Sais-tu reconnaître une graine à un élément minéral comme un caillou ? Ca n’existe pas un arbre à cailloux. » Ou un début de cours pour la germination du haricot et une autre approche du milieu végétal par saison, changements, germinations et autre (un véritable cours de SVT dont est issu le schéma).

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Bamia bel tamarhendi (gombo au tamarin à la syrienne) selon Claudia RODEN « Le livre de la cuisine juive » (livre dont je vous parle là), parce que ce fruit de l’hibiscus me plait déjà et d’en avoir parlé m’a redonné envie, vous vous rappelez ?
1 bocal de gombo
2 cuillérée à soupe de tamarin (en pulpe ou purée)
2 cuillérée à soupe de sucre
De l’huile d’olive
1 oignon
1 gousse d’ail
Du sel, du poivre

Diluez la pulpe de tamarin avec un peu d’eau chaude pour retirer les filaments (épais) et les pépins. Emincez l’oignon, dégermez l’ail et mettez-le en petits morceaux. Dans une poêle chaude, ajoutez l’huile d’olive, l’ail et l’oignon.

Puis après douce coloration, rajoutez les gombos rincés soigneusement (sans les écraser et débarrassés de la tomate ou autre ingrédient dans le bocal trop acide), le tamarin et le sucre. Je préfère les gombos déjà en bocal ou en conserve car le côté visqueux apparait moins. Mais si vous voulez être le plus proche de la saison, de sa récolte et ne pas avoir du tout ce côté mucilagineux, il vous faut les prendre très jeunes et tout juste cueillis et suivre La Cuisine du jardin là. Les gombos étant déjà cuits dans le bocal ou la conserve, 5 minutes suffisent à la poêle.

Le plat n’est pas beau mais très bon.

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Tarte à la salade mesclun
1 pate brisée
3 cuillérées à soupe de fromage blanc
1 sachet de salade mesclun
1/2 poivron rouge
Du fromage râpé
1 échalote
De l’huile d’olive
3 œufs
Persil
Ciboulette


Faites dorer le poivron rouge en lamelles avec l’échalote. Quand il devient mou, rajoutez la salade jusqu’à changement de couleur mais en gardant le volume. Laissez refroidir.

Dans un saladier, mélangez les légumes, les herbes, le fromage blanc et les œufs battus. Répartissez le tout sur la pâte brisée, rajoutez le fromage râpé et enfournez une trentaine de minutes à 180°C.

jeudi 12 mars 2009

Désordre de l'émerveillement...

Certains le disent ouvertement, d’autres le laissent échapper par mégarde (surtout quand je parle de ce livre d’ailleurs….) et d’autres encore y trouvent un certain charme : notre intérieur n’est pas très rangé….

Des livres partout, des jouets aussi (depuis 1 an c’est obligé) et des petits riens auxquels j’ai du mal à trouver une place (et, oui, les poubelles de tri sec pour le recyclage que je ne sors pas tous les jours).
Mais « Le grand désordre » de Kitty CROWTHER me convient pour de nombreuses autres raisons. Cette auteure/illustratrice jeunesse m’interpelle, me ravit, m’emmène comme dans une maison ou j’aime me blottir. Vous me savez fane, oui, oui, je parlais de sa petite mort là et de ses livres pour tous petits ici… et je parlerais de tous ses livres ! Et celui-là donc ! Et bien une jeune femme, Emilienne, laisse chez elle un grand désordre. Elle vit seule avec son chat et cela ne la dérange que peu mais son amie, elle, se sent de plus en plus incommodée par sa façon d’être et ne prend plus plaisir à lui rendre visite. Alors les soupirs arrivent, il faut faire le grand ménage.




Une histoire belle et poétique mais bien plus. C’est toute une spiritualité de vie qui se dégage. Le désordre n’est pas diabolisé, la remise en ordre est comme une forme de ressourcement, pour se remettre en ordre aussi. L’utilisation du temps a aussi la part belle. Cette oisiveté de l’éveil, de la curiosité, est mise en valeur autant par de petites créatures qui dérangeraient l’intérieur d’une maison et cette notion de marée nocturne qui apporteraient son lot d’objets, que par la place importante des activités d’évasion : herbier sauvage, premier rayon de soleil, dernier de lune, baignade sauvage.
Emilienne est une jeune personne entre enfance et âge adulte. Les amis, comme les objets, ont une place importante dans sa vie… les discussions, les confidences, l’attention aux autres… la nostalgie et la transmission.


Par les objets, l’amitié se dessine, les affections se créent. Et l’histoire d’un caillou peut devenir une vraie aventure. Ou comment recycler de l’amour, des objets, du créatif et de l’imaginaire. Clarabel nous livrait ici son avis sur le rangement proposé par Emilienne de nos bibliothèques personnelles.

J’aime ce livre, le lis et le relis pour toute la poésie, pour cette impression subtile d’être chez une amie, entourée, enlacée par des mots, des paroles, des ressourcements divers et je donnerais cher pour transmettre moi aussi cette saveur à mes enfants, petits-enfants… un livre sur les soupirs : quelle belle idée « 2 soupirs : un souci ; courir trois fois autour de la maison et suivre la première idée qui vous vient. 3 soupirs : mettre les pieds en hauteur et lire les 100 meilleures blagues de l’année ou « Moumine le Troll » de Tove JANSSENS. »Une lecture qui laisse une atmosphère dense et loin d’être fugace qui nous permet de suivre quelques petits bonheurs quotidiens et de voir en notre désordre aussi des trésors. Le chat d’Emilienne s’appelle Daguerréotype… cette innocence et cette pertinence dans l’hygiène de vie de l’héroïne est faite de ce procédé là « L'image produite par cette méthode est si fragile qu'elle ne supporte pas la plus légère manipulation, et doit être protégée contre tout contact. » (extrait tiré d’ici )

Et me croirez-vous mais l’intertextualité me plait, j’aime à suivre certaines façons d’être et de vivre, alors les pieds en l’air je lis « Moomin et les brigands" de Tov JANSSENS, j’en reparlerais… et que dire de ces capucines si importantes pour moi, de ces baignades de minuit et petits bonheurs…

mercredi 11 mars 2009

Un pied... de nez, non, de Chawan... pour un Tag

Je suis en retard, sur tout… le quotidien et son organisation, mes envies, mes formations (dont celle-ci), dans le SWAP ou jeux et puis dans la réponse aux TAG… trois en attente. Alors le premier Tag proposé par Ribambelles&Ribambins "... dévoiler la 6ème photo du dernier dossier qui a été chargée sur votre ordinateur... puis taguer six personnes à votre tour"…

Alors dans ce dossier blog, avec les différentes photos prises ici et là, ou flashée par moi, en attente d’un billet un peu plus conséquent…
*source schéma

La sixième : un schéma des pieds de chawan (les koudai ou takadai ?), en attendant d’offrir un billet sur cette utilisation du bol de cérémonie ou sur la fabrication de cette céramique… je m’étais arrêtée là sur sa description et ne fais que baver sur celles que nous font d’autres amateurs éclairés de thé et céramiques… je pense à Fortunato entre autre là et bien d’autres…. Alors en attendant d’offrir quelque chose de constructif, je reste muette !
Quand aux autres personnes qui veulent se prêter au jeu de dévoiler la 6ième photo... n'hésitez pas, je n'ose plus réclamer à quiconque....

Commencer par la fin, le loup si doux

Suis-je une jeune adulte gavée des contes, insoumise, qui confond l’originalité et la précipitation ? Peut-être ! Alors au lieu de commencer par le début, les références, je commence par le détournement. Je ne lui ai pas encore (re)lu « Contes pour enfants pas sages » de Jacques PREVERT mais il est vrai que je n’ai pas résisté à ce « Suis-je un grand méchant loup » de Kristina ANDRES.



Comme tous les enfants, le rôle de méchant est apprécié, réclamé, plébiscité…. Par exemple, le loup de promenons nous dans le bois du « Si le loup y était » de Philippe JALBERT, polar tactile offert par feu Soeur Anne (ne vous inquiétez pas elle va très bien, mais dans la vie réelle).



Ce livre par sa page pop-up permet ce soupçon de frayeur appréciable « Miam miam » jusqu’à ce que nous mettions le doigt dans la gueule du loup et que cette gueule de papier soit remise à sa place, à la page précédente, fermée sur un loup tombé dans l’eau.
Il l’aime aussi dans « La tétine de Nina » de Christine NAUMANN-VILLEMIN, illustré par Marianne BARCILLON, loup affreux, pas beau, qui sent mauvais et fait peur… qui devient un loup tout doux, tout mou, gros doudou…

Mais il ne connait pas encore le chaperon rouge ou tous les autres contes où le loup est un méchant, vraiment méchant et pourtant. Pourtant il aime ce « Suis-je un grand méchant loup » avec une lecture au premier degré sans les références bien-sûr.

Mais ce loup qui tient dans sa mâchoires ses amis lui renvoie toutes les notions de manger son enfant dont je parlais là un peu et qui lui sont mystérieuses…. « manger zazel » fait partie de son quotidien langagier et il est bon de remettre aussi une petite notion de respect du corps, dont je parlais là ou encore d'une autre manière là et de sciences naturelles par rapport au loup soit la chaîne alimentaire d'une forêt réduite aux animaux pour l’instant (ici je pense à ma cousine adorée qui lors de sa prise de conscience de cette chaine est devenue végétalienne pour 10 ans !)

*source de la chaîne alimentaire (lien avec les différents intervenants : piscivores, herbivores, granivores, insectivores, herbivores, carnivores et omnivores)

La lecture est aussi agréable parce qu’elle peut faire intervenir le bambin « Suis-je un grand méchant loup ? » la plupart du temps : noooonnnn ! Et certains actes doux et chaleureux des amitiés reviennent ici pour balancer les colères, les dents qui veulent mordre ou le hurlement qui s’ensuit : papoter, offrir des contes oraux (lus ou spontanés), partir au pays des merveilles….

Le loup peut être doux, fragile, riquiqui, il peut être câlin, réconfortant, propre, conteur : il choisit lui-même ce qu’il veut être !

Et puis ces illustrations à la plume et colorées doucement, ces animaux doudous, ce loup à la fois animal sauvage mais aussi peluche ou cerf-volant... j'adore!

lundi 9 mars 2009

Un point de vue à decrypter, du sol, du ciel...

Ce très beau livre « Dessiner le monde, Histoires de géographie » de Caroline et Martine LAFFON est une merveille.


La lecture ne se fait pas d’une traite, le livre est pourtant compartimenté. Il fourmille tellement d’indices, de références et d’illustrations, de niveaux de lectures à décrypter que le passage d’une page à une autre peut paraitre comme une précipitation. Mieux vaut encore prendre une double page (illustration et texte) par-ci par-là. J’ai mis un temps fou pour faire ce billet, presque embrouillée par les multiples lectures proposées. Le livre passe par la notion de géographie, avec l’histoire de la discipline, de ces principaux acteurs et leur stratégie et erreurs, pour certaines volontairement conservées sur les cartes. Mais aussi il nous offre une histoire de nos perceptions : de la cosmogonie, des mythes et légendes, à un positionnement terre entourée de mers, terre et mers entourées de ciel, terre plate ou globe. Il est aussi possible d’y lire les colonisations, les chemins pour acheminer les ressources d’autres pays (route de la soie par exemple), les batailles et toutes les cartes d’espionnage. La philosophie a une part importante dans notre conception du monde. Alors entre calculs, cadrillages, mais aussi stratégies politiques, religieuses, mises en valeur d’un patrimoine, le livre nous ouvre de multiples voies en suivant les siècles, les hommes, les explorations et les découvertes ou l’histoire des outils d’arpenteur, boussoles, compas maritime, sextants, roses des vents, lunettes astronomiques.
Les interrogations face au monde sont universelles, ce livre nous montre que les réponses sont, elles, multiples, raisonnées ou fantasmées.

Un point central, un nombril : De cette mise en évidence des lieux très hauts, des montagnes, comme lieu stable et résistant aux changements. La cartographie est le tout début d’une description cosmogonique, représente aussi la position occupée par les commanditaires ou l’organisation du religieux, du politique ou du familial. Le paysage peut aussi être un corps, toutes les cultures ont aménagé un centre, un nombril du monde selon les religions… par exemple la Kaaba à La Mecque pour les islamistes.
Les premières cartes de positionnement sont aussi des cartes dessinées et sacrées. L’oralité est encore de mise dans la description des chemins à prendre, les cartes plus individuelles suivent mais sont à usage immédiat, il faudra encore attendre pour l’arrivée des plans (avec une très belle précision sur la ville de Tokyo par exemple). Les cartes permettent de s’orienter mais aussi de raconter une histoire. Selon les cultures, certaines cartes dessinées ne servent pas à refaire le chemin (en Chine par exemple, la conception de la peinture suppose de mettre en avant, en relief, les obstacles, ou les chemins et les cours d’eau de manière peu distinguables, ou un aller et une autre couleur pour le retour sans précisions.

La cartographie est comme la mémoire de nos visions du monde et chaque détail, le choix de mise en valeur, les codes culturels, les couleurs, rappellent un élément, une stratégie, une histoire, une découverte. Des mots reprennent de leur sens : la terre inconnue était appelée Antichtone et ses habitants marchant les pieds en l’air, les Antipodes. Mais l’Arctique et l’Antarctique reprennent une autre saveur aussi ainsi que l’arpenteur (par exemple au Moyen Age là ) ou le portrait (vue des villes au XVième siècle).

Par la terre, connue, et ensuite les terres approchables par la mer, les océans et les étendues d’eau et enfin le ciel. L’eau qui entourait principalement la terre connue devient aussi un élément important, les lacs, les cours d’eau. Les « grenouilles autour d’une mare », explorateurs de la mer méditerranée, ne sont plus les seuls à prendre en compte ces voies maritimes. Là aussi les codes culturels changent, la couleur de l’eau dépend de sa densité, sa clarté mais aussi peut dépendre d’une histoire qui a eu lieu à cet endroit (exemple massacre avec une eau rouge).

Ce livre est foisonnant et j’ai pris un immense plaisir à suivre cette ethnologie de la représentation géographique. Les erreurs dans les cartes d’Amérique car les Indiens aidant à leurs conceptions marquaient de la même manière les cours d’eau et les routes pour eux des voies de communication aussi praticables les unes que les autres. Mais aussi ces repères différents sur un chemin : des cornes de yack au Tibet pour marquer les points d’eau et les camps possibles, des mouvements d’eau sur les rochers en Polynésie. Ces traces de pieds pour montrer le sens unique sur les cartes d’Amérique latine.


manuscrit nahuatl
Ou ces différentes interprétations des mesures de notre environnement, du ciel par exemple : « Pour les Mongols, peuple de cavaliers, la Polaire c’est le clou d’or où sont attachés les chevaux dans le ciel. »

Les cartes, véritables invitations aux voyages, sont aussi de véritables preuves d’égoïsme, de volonté combattive… chacun veut être au centre, veut rivaliser, veut vaincre. Que ce soit en écoulant des anciennes cartes erronées mais élogieuse pour un peuple ou un géographe, astronome ; une carte fantasmée pour prouver les ressources de la terre inconnue et ce mythe de l’accueil à bras ouverts des populations autochtones ; en se représentant au centre, l’Empire du milieu, la Chine, et ses premières découvertes révélatrices ; ces villes repérées, répertoriées voire classées avec des codes culturels différents mais souvent une vision plate, neutre (sans indice ethnique ou social ou de fluidité de circulation) ; ces synthèses des activités humaines (champs par exemple) pour le compte des plus grands ; ces cartes de type judiciaire peintes pour preuve lors d’un éventuel procès pour héritage. « Il faut savoir regarder quelle fiction se joue derrière les cartes. » C’est toute une philosophie de vie qui se découvre aussi en les regardant une par une.

Merci encore à Babélio et à son opération Masse critique, ainsi qu’aux éditions SEUIL pour ce superbe ouvrage qui me demandera de multiples lectures pour découvrir toutes ces merveilles. Une autre page est ouverte là. Et oui bien sûr Lyjazz, je rêve de planisphère et de globe pour tout effet contre le nombrilisme et rester en éveil.
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