jeudi 24 avril 2008

SWAPS, le tour des cadeaux et univers

Quelle difficulté que de vouloir faire plaisir aux autres. Voilà, j’arrête les Swaps pour quelques temps, je reprendrais…plus tard.

Voici un récapitulatif des swappés et swappeurs, des univers entrouverts, des voyages imaginaires et réels...



*source

Swap Scandinavie organisé par Kalistina et Flo.
Swappeuse : Majanissa qui m’a gâtée
Swappée : Chrestomanci avec son colis et mes indices 1 et 2



*source noir de fumée

Swap Noir c’est Noir, Polar, café et chocolat, organisé par Fashion victim et Stéphanie, le blog
Swappeuse : Soeur Anne qui m’a gâtée
Swappée : Tina (qui n’a pas de blog) avec son colis et mon indice ici



*source

Mini Swap thé organisé par Flo :
Swappeuse : Flo qui m’a gâtée
Swappé : Joël avec son colis et mon indice ici



*source Afrique

Swap Afrilire, organisé par Bladelor , le blog
Swappeuse : Emmyne qui m’a gâtée
Swappée : Caroline avec son colis arrivé en mains propres ainsi qu'une mise en bouche



*source Denis PESNOT

Sans oublier le lotobook 1 et 2 organisé par Stéphanie dont je n’ai été qu’une participante lamba, pas gagnante en or, ni cactus…mon premier livre offert est ici et le second , à vous de savoir lequel !


Rajout du 09/12/2008:

2nd Mini SWAP Thé, organisé par Loula
Swappeuse: Katell qui m'a gâtée
Swappée: Francine avec son colis et une mise en bouche

Rajout du 25/03/2009:

SWAP "Si ton petit-déjeuner m'était conté", organisé par N-Talo, le blog
Swappeuse: Nathaline qui m'a gâtée
Swappée: Marmotine avec son colis et des indices, le premier et le second.

De l'Afrique ici ou là

Je ne vous avez pas dit mais ces jours-ci, l’Afrique, très superficiellement, est dans mon quotidien. Parce que je participe au SWAP Afrilire de Bladelor. J’ai choisi mon colis pour ma swappée et ai reçu le mien d'Emmyne. Très superficiellement parce que je le connais que peu encore...j'y ai mis les pieds un jour, au Kenya, avec une rencontre fabuleuse de la faune et des Massaï et j'attendais beaucoup en découvertes...

Pour tout vous dire je l’ai reçu avant-hier, mon colis, j’ai dû attendre que la batterie de mon appareil photo soit à nouveau opérationnelle. Et alors j’ai pu ouvrir mon colis mais j'ai attendu encore pour vous en parler car je finissais de préparer le mien qui devait arriver en mains propres hier...mains propres obligatoirement, vous n'êtes pas d'accord!


Et j’ai été gâtée : de la faune ici et là, sur le papier et ailleurs, de quoi partir avec avec KIPLING ou dans mon enfance ! Des marques pages, un tigre serein (aoutch!), une girafe superbement brodée (je ne lui avais pas dis à ma bienfaitrice mais j’aime beaucoup les girafes et cela tombait sacrément bien...comme une petite collection, à montrer bientôt), accompagné par un crayon …girafe.



Suivi par un éléphant coupe-papier… une main occidentale dans la main africaine m’emmène parmi de superbes lectures, (vous avez vu, la carte était faite pour moi, de l'initiation à l'Afrique...) :



Amadou Hampâté Bâ, « Contes initiatiques peuls » qui me tentait déjà lors de ma recherche pour ma swappée : des traditions africaines, de l’oralité peule et des contes, rien de mieux pour démarrer.
Mariama Bâ, « Une si longue lettre » sur la condition de la femme en particulier au Sénégal, lui aussi je l’avais bien zieuté.
Cheikh Hamidou Kane, « L’aventure ambiguë » : alors là chapeau pour le choix, cela semble être un livre fondateur sur les contradictions des héritages différents de l’Afrique, culturels, religieux, familiaux ou techniques. J’ai hâte !

Merci à Bladelor pour l'organisation et ce blog Afrilire sur ce Swap et merci encore Emmyne: oui Afrilire rime avec plaisir!! D’ailleurs n’hésitez pas à aller sur son univers A lire au pays des merveilles, beaucoup de livres pour enfants, petits et grands, voire même très grands, avec des analyses qui me plaisent drôlement bien...

lundi 21 avril 2008

Autour du plateau de Séder

Dans quelques familles, ce week-end a connu deux longues prières empruntes de récits de plus d’une heure à chaque fois. Nous avons éliminé les Hametz et acheté les Matze.
Et oui c’étaient les deux soirées de début de Pessa'h.
Non juive et non pratiquante, j’aime tout de même ces fêtes et plus particulièrement cette fête de pâques. Mais pourquoi donc si tu n’es pas croyante en ce Dieu ? Et bien parce que c’est important pour mon amoureux. Cela fait partie de ses coutumes et de son chemin spirituel.

C’est une des fêtes que je préfère, parce qu’elle est très quadrillée mais surtout tournée vers le questionnement et l’enseignement.
La veille, nous avons mis de côté les Hametz dans une armoire fermée que je suis la seule à ouvrir et qui peut être condamnée pendant une semaine (pas vendus, ni donnés, ni mis à la poubelle mais l’esprit est là). Les Hametz sont les aliments fabriqués à partir de ces 5 céréales (et à fortiori elles-mêmes) : le blé, l’avoine, le seigle, l’orge et l’épeautre. En fait, il s’agit de reproduire les conditions alimentaires du peuple juif durant la fuite d’Egypte. Le pain n’avait pas eu le temps de lever, il était resté plat. Ainsi de nos jours, pour se rappeler cette période, les juifs éliminent de chez eux tout ce qui permet aux céréales de lever… tout ce qui contient du gluten en fait. Les ashkénazes s’abstiennent également du millet, du riz et des « légumineuses douteuses » comme les haricots, les pois, le mais et les cacahouètes. Les céréales sont remplacées par de la farine de Matza, qui permet de faire pains ou gâteaux et plus particulièrement les Matze, pains azimes de cette fête et de cette semaine.


*source Séder : Shlomo KATZ

La fête très ritualisée commence par une prière et le récit du peuple juif (l'Exode d'Egypte à lire à cette adresse, qui ne veut pas passer en html http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Exode ) autour du plateau de Séder : plateau symbolique où se retrouvent des éléments de la condition de vie du peuple juif avant d’arriver en Israël :



*source plateau

Zeroa : os rôti qui évoque l’agneau pascal que les ancêtres juifs offraient à Dieu.
Btesa : œuf dur dont la forme arrondie symbolise le cycle de la vie et de la mort
Maror : herbe amère qui rappelle l’amertume de la servitude en Egypte
Harosset : mélange à base de noix, de fruits, de vin et d’épices qui caractérise le mortier dont les ancêtres juifs firent usage pour construire les pyramides
Karpass : légumes verts qui symbolise le renouveau


*source du plateau de Séder avec l’exode du peuple juif (il faudra bien un jour que nous en choisissions un pas forcément parmi ceux-là du reste)

L’hébreu côtoie le français et la succession des textes et des rituels de prière permet à toute la famille d’être rassemblée : les adultes comme les enfants, qui dès en âge de lire lisent les questionnements sur la spécificité de cette fête, des quatre fils (un sage, un pervers, un simple et un qui ne sait pas questionner) ou l’explication des chiffres de 1 à 13.
C’est une fête conviviale destinée à tous, chacun lit une partie, les mets sur le plateau vont de main en main, le plateau passe au-dessus des têtes, le vin est sur les lèvres de chacun (à faible dose). C’est aussi une des plus complexes. La prière et la Haggada (le récit), qui prennent beaucoup de temps avant le repas à proprement parlé, sont suivis par tous dans de nombreux livres, qui n’ont pas la même traduction de l’hébreu. Entre les textes à lire, bibliques ou pédagogiques, se trouvent aussi des explications, des compléments, des instructions précises sur les gestes rituels et toutes les différences possibles (jour de Chabbat, présence d’enfants, de vieillards etc). La difficulté est aussi de suivre pour son tour de parole. J’aime suivre avec le livre d’Elie WIESEL, « La Haggadah de Pâque »

… j’écoute le récit, les prières dans cette langue gutturale et chaude et je me laisse bercer par les dessins de Mark PODWAL.



« Les plus courtes sont les meilleures :
C’était un juif d’origine égyptienne, qui ne savait pas lire la Haggada la nuit du séder. Sa femme n’arrêtait pas de lui demander de lire la Haggada, de chanter et de célébrer le séder comme dans toute famille juive et de se réjouir. Finalement, l’homme lui répond : « Qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce qui se passe ? Il y avait deux types en Egypte, un c’était Moïse, l’autre Pharaon. Ils se sont disputés et après, ils ont fait la paix. Et maintenant ils sont d’accord, ça suffit, tout est fini. Alors maintenant, viens manger ! »
Israël, sépharade »

Extrait de « Contes et fêtes juives » de Colette ESTIN.

samedi 19 avril 2008

En venir au thé

J’avais parlé de mes dérives volontaires de la tisane (entre autre) au thé ici mais est-ce vraiment cela qui m’amène sur la voie du thé ? Je ne pense pas. Francine du tout nouveau blog La théière nomade nous livre ses débuts avec le thé, débuts chaotiques et non volontaires…je voulais moi aussi retracer les débuts, du sachet au bol, à la tasse de porcelaine anglaise au Darjeeling, au mugs fins et Earl grey, en passant par des thés additionnés et dépaysants, les tasses chinoises et les parfums…de la boisson tea-time, à celle de la réflexion, en passant par celle du repas, de l’accueil, d’ailleurs. De quoi souhaiter la bienvenue à ce nouveau blog d'une passionnée.


Il y avait déjà une histoire d’interdit (petit, petit) et un partage. Comme tout excitant je n’avais pas le droit d’en boire dans ma jeunesse mais pourquoi donc ? Oui cette boisson excite mais comme un jus d’orange, non ? Bien sûr que non ! Mais ma famille n’avait sans doute aucune idée du combat entre caféine/théine et tannin… J’aurais pu avoir un thé vert ou un thé noir très infusé. Le goût m’aurait peut-être écœurée de mon envie par son âpreté et son caractère tannique.
Mais voilà, c’était aussi la boisson offerte au tea-time, ou plus précisément aux anciennes réunions familiales du côté grand-maternel, qui se sont taries et sont devenues inexistantes. Toutes ces dames buvaient leurs thés Darjeeling, servis dans un service art déco français (théière haute comme une carafe, blanche avec des lierais d’or). Elles y mettaient du lait et/ou du citron et l’accompagnaient de, voire trempaient, leur part de cake aux fruits confits. Moi avec ma part de gâteau, j’avais l’impression d’être un gamine (pas faux !) et cette boisson me semblait ne convenir qu’aux dames ! Il y avait bien la cafetière Cona qui embaumait la pièce, encore plus, mais juste regarder cette alchimie me plaisait et me satisfaisait… pas le fait de ne pas avoir ma tasse de thé. Il y eu bien sûr mes Madame G chez qui l’interdit était levé. Le thé, boisson non permise, était déjà un signe de convivialité entre femmes.
Le quotidien et le goût ont joué un rôle. Il y eu le début des petits-déjeuners récurrents, en internat et étudiante, à choisir ce fut le thé sans sucre avec tartine beurrée. Et ce thé du dépaysement au coin de la rue: le thé noir parfumé au jasmin aux restaurants chinois lors des diners familiaux mémorables… ou comme temps mort dans mes conflits mère-fille. Thé au jasmin, boisson de repas, privilège de ces moments, effluve d’ailleurs et goûts nouveaux…rouleaux de printemps, lychees, calamars aux pousses de bambous, boules de riz gluant à la noix de coco et au soja sucré.
Et puis les rencontres. Cet oncle, à la moustache british, néerlandais, a accentué encore plus le thé proposé par ma tante. Un privilège offert à chaque hôte arrivant chez eux, présenté au salon avec ces tasses anglaises, petites et très élégantes quand il y avait du monde, mugs à la porcelaine fine quand il n’y avait que nous. Thés de Ceylan bien sûr, en vrac, le même pour tous, additionné ensuite de lait. Un accueil.
Les voyages…au Sri Lanka et au Kenya. Le thé prenait alors une valeur bien symbolique. Dans les hôtels bien sûr mais chez l’habitant aussi. Thé noir offert à toutes heures, additionné de citron ou de lait, pour nous occidentaux. Boissons nationales avec leurs spécificités, bues dans le décor…des souvenirs gustatifs ramenés dans les bagages.
Et le goût de cette boisson de lecture, d’écriture, de dessin…souvent associé à mon refuge (attitude corporelle ci-montrée… que je ne peux plus faire, bien sûr, remplacée par un simple allongé à plat ventre)…a pris de plus en plus de place, en se voulant de moins en moins en sachet, de plus en plus en boules à thé, donc en vrac et de moins en moins parfumés… thés verts par choix aussi.
Et puis ce thé vert de 3 ans, le kukicha, grillé et utilisé en macrobiotique par ma mère…avec du shoyu ou de l’umébosiscomme pharmacopée.

Et maintenant, ce thé, boisson du quotidien, de toutes les couleurs, de toutes les saveurs, additionnées ou inhérentes, boisson du matin, boisson de la pause, boisson de la détente, boisson de la création… et boisson instant de retour sur soi en dégustant.




Un Qi Lan Bio, Oolong de Chine, pour ces derniers jours (le seul avant le seuil de tolérance dépassé de la batterie de l’APN)…
Des feuilles bleues/vertes, très minces à l’odeur fruité avec des notes de caramel et d’épices. Un infusion au zhong, méthode que j’utilise n’en connaissant encore pas d’autres : feuilles mouillées à l’eau chaude préalablement, puis infusées, délayées à la baguette et au couvercle. Le couvercle, chaud, a une odeur minéral, entre le bois et la mer. Le breuvage est rouge et a un goût boisé, de châtaigne, long en bouche, sans amertume et pas sucré. Son odeur est de bois ou d’humus. Les feuilles mouillées sont brisées et vertes. Très bon thé, savoureux et qui reste bien en tête pendant toute la journée.

jeudi 17 avril 2008

Vos métiers "imaginaires"

Le thème des Passeurs d'imaginaires de mars nous amenait entre vocation, tradition et rêve de devenir. Voici vos métiers imaginaires ….


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Un métier comme une vocation d’enfant

Il y a de ces métiers qui vous viennent en tête comme un rêve. Enfant, encore dans le quotidien feutré (du moins pour certains) nous nous imaginons la vie active comme un monde d’adulte : des métiers, professions de subsistance, pour l’argent. Des emplois du temps d’absence des parents pour nous faire manger. Alors le métier souhaité est une illusion, une porte ouverte sur notre monde intérieur. Rose nous livre ses vocations et les histoires qui l’ont bercée y sont pour quelque chose : éleveur de Marsupilami ou hôtesse de l’air…


*source "Mon rêve à moi" de Pascale FRANCOTTE

Les métiers sont aussi porteurs de poésie, réels et repris par notre imagination. Que dire des allumeurs de réverbères de Caroline, devenus par simple ouverture des possibles, allumeurs d'étoiles. Tout dans le monde permet de créer ces métiers, loin de notion de subvenance aux besoins, emprunts que de beauté. Les découvreurs de lieux abadonnés présentés par Florizelle ou le pendant pour enfant que sont les sculpteurs de rêves quand ce dernier se fait denrée rare ne sont là que des continuités de nos rêves éveillés.


*vocation de Rozenn FOLLIO-VREL dont voici le blog

Certains ont eu la chance de vivre leur rêve. Il reprend cette enfance, le contexte social, l’éducation parentale et devient une ouverture vers un monde, comme celui que nous propose Zoéchiffon en présentant sa Singer et sa passion pour le tissu et ses découpes. Il ne faut pas oublier le plus beau métier du monde pour certain(e)s, être parent (à ne pas confondre avec le plus vieux, et là c’est une autre histoire). Etre parent, c’est être une fenêtre pour les yeux des enfants, ouverte sur le monde.


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Un métier, tradition à perpétuer

Le métier était la principale activité de l’homme, une reconnaissance des pairs. Maintenant nous en avons aussi d’autres. Seulement quelques métiers sont si emprunts de souvenirs, de traditions voués à se perdre, que certains aiment les préserver et se font un devoir d’en être un représentant. Maijo a choisi ainsi de mettre en lumière les sorbetiers équatoriens, un peu de ses origines avec une bonne dose de tradition. Les souvenirs de sa grand-mère et de son magasin hantent encore N-Talo qui nous dévoile les coulisses de la confection avant le prêt-à-porter.



Les métiers peuvent aussi être une occupation non rémunérée, indispensable à l’individu et au groupe : une profession de foi. De père en fils, la transmission écrite d’une filiation est un métier juif (entre autre) : « La mémoire d’Abraham » de Marek HALTER montre au combien est important ce continuum, scribe d’une histoire familiale à imprimeur de métier. Maintenant les traditions sont aussi ailleurs. MAP nous livre enfin le secret de métiers anciens et du quotidien.


En partant dans d’autres contrées, les métiers les plus bizarres apparaissent : une fable…peut-être :
« .. à Leh (Ladakh, état du Jammu & Kashmir dans l'Himalaya indien), alors que j'étais confortablement installé sur le trottoir, à prende le thé devant l'étal d'un bouiboui improbable en écoutant de la musique, j'ai croisé le chemin d'Assim HAMAD, un vieil indien très digne, très blanc de cheveux, très foncé de peau et très noir de regard ... tout droit sorti du temps de l'Inde de Rudyard KIPLING
il s'est installé à mes côtés et nous avons rapidement engagé la conversation sur ce sujet de rencontre universel qu'est et sera toujours la musique, nous amusant tour à tour à essayer de reconnaître le premier et dès leur apparition les différents instruments du morceau qui se jouait ...
par le fait de ce jeu devenus presque de vieux potes, et intrigué de savoir quel pouvait être la vie de ce vieil homme, manifestement originaire d'un autre état de l'Inde, ayant du temps à perdre avec moi, pauvre blanc ignorant presque tout de la valeur du temps, je lui ai demandé ce qu'il faisait dans la vie ...
il a lors sorti de sa besace quelques petits outils à main auxquels je n'ai pas compris grand chose, ce qui n'a pas manqué de l'amuser ainsi que le petit auditoire qui commençait à se former autour de nous ... et il m'a raconté qu'il voyageait beaucoup dans son immense pays, partageant principalement son activité entre Leh et Goa au gré des saisons touristiques
puis il m'a tendu, toujours sortis de sa besace "trousse à outils", ... une dizaine de petits calepins plus ou moins marqués par les outrages du temps, plus ou moins jaunes et sales d'avoir été manipulés tant de fois au cours de sa longue vie, les uns de vieillesse perdant leurs feuilles, les autres s'effritant comme de vieux parchemins...
après un regard pour lui demander l'autorisation de le faire qu'il m'accorda aussitôt d'un signe de la tête et de son sourire, je me mis à feuilleter le premier d'entre eux pris au hasard, qui m'apparut rapidement comme étant ce qu'on ne pourrait appeler autrement que par "livre d'or", dans lequel toutes celles et ceux qui sont passés entre les mains aussi attentives qu'expertes d'Assim ont confié dans toutes les langues leurs impressions parfois les plus intimes sur les sensations et les bienfaits éprouvés à cette occasion ... les uns ne tarissant pas d'éloges sur sa délicatesse, d'autres sur sa douceur ou encore son savoir-faire, d'autres parlant d'un plaisir encore inconnu même avec l'élu(e) de leur cœur, d'autres encore déclarant s'être sentis plus intelligents ou encore l'esprit plus ouvert, plus à l'écoute ... après une telle expérience !
j'ai alors regardé de plus près entre ses mains les outils que le vieil homme m'avait montrés, que j'avais de prime abord et rapidement identifiés comme "de petites vrilles" sans la moindre idée de ce à quoi elles pouvaient bien être destinées, ... mais avec d'autant plus d'attention cette fois-ci qu'Assim s'apprêtait à en faire un usage professionnel auprès d'un client entretemps abordé et convaincu, désormais assis sur un petit tabouret, immobile sous le regard et les attentions de mon nouvel ami :
... avec les gestes précis d'un artisan ... d'un artiste ... d'un orfèvre, Assim HAMAD tenait entre ses doigts en forme de pince l'une de ces mystérieuses "vrilles" délicatement enveloppée d'un peu de coton, qu'il approcha lentement du visage incliné de son "patient" ...
... ah, j'allais oublier de vous dire : Assim HAMAD est nettoyeur d'oreilles ... »
(tiré d’un forum, texte de Maitairoa )


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Un métier si insolite

L’imaginaire, pour faire rêver les enfants mais aussi les adultes, en fait, nous amène aussi dans des terrains inconnus. Maijo nous offrait de regarder la lune, pas Madame ou Monsieur Lune, pas le petit bonhomme dessus, passif, mais bien celui qui la rend si mystérieuse : le cacheur de lune. Avec le balayeur de ciel, découvert dans le périple des graines de cabanes que je vous présentais, ils vont faire la paire.



Les métiers insolites, juste imagination d’enfants ou encore imagination d’adultes, pour trouver une touche de poésie dans la vie : ceux présentés ici par GIL sont fabuleux, mes coups de cœur vont vers le pêcheur d’idées, l’éleveur de nuages, le peintre paysagiste sur fenêtre, le recycleur de jours usés, le réparateur de miroirs enchantés, le vendeur d’étoiles…enfin vous voyez, tous ! Des fois, la réalité rejoint la fiction…enfin presque, Sa Marraine nous dévoilait les débuts de sa passion professionnelle : dompteuse de bêtes féroces, comme son arrière-grand-mère, les bêtes étant amenées par les hommes de la famille… dompteuse de scarabées ! J’aime à croire aussi que cet homme fait vraiment ce travail (sans y regarder la pub !)



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Un métier comme une passion

D’où peuvent bien venir certains métiers, qui nous taraudent au corps comme si toutes nos pensées étaient centrées sur eux. Des métiers qui prennent aux tripes et toute une vie. "Un léopard sur le garrot" de Jean-Christophe RUFIN montre cet humanitaire derrière le médecin nomade. D’autres vont chercher des initiations dans le monde entier pour venir faire un métier encore plus abouti. Julie TAYMOR, que je présentais , partie vivre en Indonésie pour redécouvrir le jeu des comédiens, les mises en scènes et marionnettes. Fabienne VERDIER partie en Chine pour son initiation à la calligraphie.

Et que dire de ces personnages fictifs qui correspondent à une réalité : Monsieur Jack représentant fictif de la fête d’Halloween chez Tim BURTON ou Santa Claus, son pendant de Noël. Ils sont les responsables des actions produites lors de ces fêtes. Et puis, plus onirique, que serions-nous sans Don Quichotte de CERVANTES, ce pourchasseur de chimères, duelliste de moulin à vent…



*source Alexandrine VAN DUIJN

J’aime les recherches et les découvertes de métiers, de pratiques, ancrés en l’homme et qui font partis d’eux. Que penser des sorciers, marabouts…ou médecins. Ils prennent les savoirs acquis et appliquent pour les autres. Les recherches accumulées sur les médecines du monde, vouées à l’oubli, sont aussi un métier de transmission comme peut nous le montrer entre autre le livre collectif "Panser le monde, penser les médecines" sous la direction de Laurent PORDIE.
En plus, Laurent PORDIE, par cet essai, permet d’entrevoir le développement sanitaire dans le monde à travers les médecines ancestrales. Une façon de refaire le monde…


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Un métier, refaire le monde

Le métier est aussi celui qui reste après être devenu adulte. Pas une passion mais plutôt une envie de démiurge, refaire le monde à sa façon. Certains rentrent en politique, d’autres choisissent des voies alternatives. Les Passeurs d'espoir que je vous présentais reprennent cette envie de voir les actions positives individuelles partout dans le monde et relayent l’information. Comme quoi chacun peut refaire le monde sur le pas de sa porte.

*source Apothicaire de Pietro LONGHI

Béatrix, par une fresque saisonnière pour enfants (entre autre, lire toute la catégorie art visuel), refait le monde… « Analogie de la sève nourricière des arbres et le sang qui nous construit: les éléments perturbateurs de la nature le soleil, la chaleur, le vent, le froid ne sont-ils pas eux, nos saisons de l'âme, du coeur et du corps», un métier comme une vie à vivre.
Quelque fois aussi notre métier est de se trouver, de comprendre qui nous sommes. C’est le chemin vers la foi ou vers la spiritualité ou tout simplement un cheminement de réflexion. Moi j’essaye la renaissance en voulant aussi être ouvreuse de possibles…être parent c’est aussi cela non !

Il y a vraiment toute une gamme de métiers convenables et convenants. Nous oublions le pendant économique, mais oui bien sûr car sinon rien ne serait plus amusant ou poétique. Il est beaucoup plus intéressant de voir tous les autres, les « en rêve ». Il suffit de choisir lequel, d’en changer, d’en reprendre un et de s’accomplir. Pas simplement vouloir devenir quelqu’un mais être…nous ne rentrons dans aucune case. Et puis de toute façon, nous ne sommes pas ce que nous faisons, peut-être seulement ce que nous rêvons.

Merci infiniment à Béatrix, Caroline, MAP, sa Marraine, Maijo, Rose, N-Talo, Zoéchiffon et Florizelle (involontairement). Vos partages sont la sève de cette initiative des « Passeurs d’imaginaires ».

mercredi 16 avril 2008

Passagère initiatique

Il est des livres qui apportent bien plus qu’une histoire. « Passagère du silence » de Fabienne VERDIER est arrivé quand je l’attendais. Cette artiste est calligraphe et peintre, pour vous faire une idée allez donc lire l'entretien avec France5 et celui sur Eurasie.


« Son enfance, on la subit ; sa jeunesse, on la décide. Je savais ce que je voulais : peindre ; et d’abord apprendre à peindre en maîtrisant une technique picturale. C’est ainsi que j’allais me retrouver en Chine. Chacun croit que sa vie est unique, et pourtant… »

Ce livre se lit comme un parcours de vie, une mise en route d’une pratique de peinture et il m’intéressait donc à double titre.
Cette jeune femme étudiante aux Beaux-arts, obtient une bourse pour poursuivre ses études en France mais décide de partir en Chine, là où se trouvent encore les maîtres de la calligraphie. Le livre présente une apposition de plein fouet entre l’occident et l’Asie mais aussi entre modernité dans l’art et art au sens noble du terme.

Le livre dévoile les conditions de vie d’une expatriée dans la Chine profonde des années 1980.
Tous, paysans comme étudiants sont surveillés par le parti communiste. La jeune française a refusé tous les avantages d’une expatriée. Ces conditions de vie sont meilleures mais restent spartiates. Elle est éloignée d’office des autres étudiants : ne dort pas en dortoir mais dans une pièce sans fenêtre à côté d’un bureau où un lit a été apporté ainsi qu’une cuvette. Ses démarches auprès des professeurs sont surveillées par son interprète, sa chambre est fouillée par cette veille femme qui passe la ranger, ses allers-venues et ceux de ses amis sont épiés. Les notions d’hygiène et de saleté sont à reconsidérer. Le livre est très subjectif, pas forcément écrit par un écrivain mais la teneur est importante, elle touche de plein fouet : elle parle de sa vie, de ses maladies, de ses tourments, de ces amitiés et de son quotidien au campus, lors des séjours d’études, aux maisons de thé ou en vacances dans la famille de ses nouveaux amis, de ses agressions physiques, des conflits locaux et nationaux, des pressions après révolution culturelle… de ces illusions une fois revenue en Chine en tant qu’attachée culturelle à l’Ambassade.

Fabienne VERDIER est un fort tempérament et le parcours initiatique de son art nous le prouve constamment. D’une part, grâce à lui, de pans entiers de la condition chinoise nous sont révélés. Oui seuls les peintres connaissent la vie des peuples, leur pratique « d’après nature » leur permet de pouvoir se confronter aux ruralités. Et aussi grâce à son imprudence et à sa méconnaissance, des peuples inconnus nous sont présentés, les Yi par exemple. Ces fautes de comportement, ces aléas importants permettent une vision des plus intimistes de la Chine.

*Dürer, La grande touffe d'herbes, qu'il faut à nouveau regarder pour comprendre, après avoir lu le livre

Mais là n’est pas le plus important, je n’ai pas mangé* ce récit autobiographique sur ces éléments là. Ce qui m’a le plus touchée, saisie, anéantie aussi (il suffit de peu de chose, oui, oui, je sais et je me soigne !), est son parcours artistique et surtout de vie.
Toutes les étapes d’apprentissage me sont magnifiques et je sens qu’il me faut vous les présenter, billet après billet. En attendant… Chez un père absent, elle apprend l’humilité, la patience illimitée, aux cours français, elle découvre la calligraphie occidentale comme art de vivre, les techniques contemporaines de l’huile, du chevalet, du dessin d’après-nature.
« Je me suis mise en chemin – c’était une question de survie-, en quête d’une initiation véritable qui m’ouvrirait les portes d’une réalité autre. » : avec sous le bras son viatique « Propos sur la peinture du moine Citrouille Amère » de Shitao, traduit par Pierre Ryckmans, elle part en Chine et j’ai eu envie de la suivre.

Les cours théoriques à l’Ecole chinoise et leurs pendants politiques, son apprentissage des légendes, ses conditions d’artiste comme le matériel commun ou prêté par l’école (cartons à dessins, petit tabouret, thermos pour le thé de la journée, pinceaux, pierre à encre et coupons pour la nourriture), les influences chinoises mises de côté en faveur de celles occidentales, dénigrement des anciens grands maîtres. La jeune Fabienne va vouloir aller plus loin, reprendre l’art de tenir le pinceau, de peindre à l’horizontal, l’art de préparer l’encre et un je ne sais quoi de frondeur et de pertinence vont l’amener à chercher l’enseignement d’un grand maître isolé et oublié, maître Huang Yan. La rencontre est humaine et intense, c’est celle d’une vie, l’apprentissage sera de 10 ans ou rien.
Alors commence une initiation artistique et à la vie. Des arts anciens et des techniques à apprendre et maitriser (marouflage, sculpture de sceaux, utilisation de teinture comme pour la soie, calligraphie), en passant par les philosophies concernées – et concernantes- en faisant sienne une philosophie de vie. « Les penseurs taoïstes de l’Antiquité n’ont jamais parlé d’art et pourtant ce sont eux qui ont fourni la base de notre pensée esthétique : il faut apprendre, puis oublier ce qu’on a appris, retrouver le naturel jusqu’à parvenir à créer sans effort. » Fabienne VERDIER va apprendre les secrets de cet art. Une mise en situation complète, de la pratique du « hua », trait de pinceaux, bâton de calligraphie, pendant des mois, et aussi des apprentissages philosophiques…

« Tu vois, il n’est jamais trop tard pour apprendre et même si, dans la vieillesse, l’étude n’apporte plus une lumière étincelante mais la flamme vacillante d’une bougie, celle-là est encore préférables à l’obscurité. »

Lily m’a mise sur la voie et je l’en remercie. Oui j’avais besoin de ce livre initiatique, il me faut le lire et le relire pour en manger* chaque pensée, chaque apprentissage aussi pour le mettre en pratique lors de mes pages blanches. Vous ne vous étonnerez pas de savoir que je lis les « Propos sur la peinture du moine Citrouille Amère » de Shitao, traduit par Pierre Ryckmans, surtout après avoir lu de cet auteur intelligent "Le bonheur des petits poissons", que j’ai lu « Entretien avec Fabienne VERDIER » de Charles JULIET et que cette renaissance à soi me parle.

Malice vous en propose une belle mis en bouche et Flo en parlait comme dépaysement total. Vous trouverez aussi une très belle présentation beaucoup tournée vers l’art ici et de très longs extraits ici, ici et , avant que je vous en donne plus.
Pour aller plus loin vous trouverez ici un récapitulatif des étapes majeurs du livre, un compte-rendu de séminaire, lié au livre, sur la pensée chinoise et son art et enfin ici les éléments de l’apprentissage de Fabienne VERDIER à cet art et à la pensée chinoises, très, très bien détaillés autant dans leur délimitation que pour les éléments du caractère de cette française qui ont agit en complément (et peut-être nécessaires à cet apprentissage très dur physiologiquement entre autre).

* manger, ingérer une lecture comme une forme d’intelligence, terme créé par Miguel de UNAMUNO, relevé et magnifié par Holly Golightly.